Synthèse des contributions sur les interactions entre les internautes et les éditeurs

Portrait de Tris
Document de travail

Le débat de la semaine dernière s’intéressait aux interactions d’avec le Web entre les éditeurs et les auteurs. Ainsi, il a été demandé aux internautes si le blog était devenu le passage obligé pour les écrivains et si les maisons d’édition avaient changé leur façon de travailler.
Le sujet a réuni 58 réponses et 8 contributeurs. Il reste ouvert.

1 |    Les constats

•    Le blog permet d’être plus créatif et plus artistique : « C'est aussi l'annonce d'une toute nouvelle tendance pour les bloggueurs plus créatifs et plus artistiques, qui chercheront à se démarquer des blogs classiques (textes, son vidéo) en démontrant leur talent à l'ensemble des bloggueurs et des internautes "de passage", qui en général finissent par suivre régulièrement s'ils sont accrochés. » Cwicket, le 15/02/2012

•    Les réseaux sociaux permettent d’amplifier la présence et la visibilité : « Les réseaux sociaux peuvent "amplifier" leur présence et leur visibilité, et certains auteurs savent utiliser cette amplification à leur bénéfice. » TheSFReader, le 15/02/2012

•    Le Web permet une limitation de la prise de risque pour l’éditeur : « En fait, que l'auteur soit connu d'abord du public, ça permet à l'éditeur de prendre moins de risques et de réduire ses coûts publicitaires.» Ethanaul, le 15/02/2012

•    Le système d’auto-publication est avantageux pour les auteurs : « Note 2: Si certains auteurs de la liste étaient considérés comme midlist (déjà publiés mais pas bestsellers) […].Note 3: Parmi les auteurs de la liste, midlist ou "inconnus »), un certain nombre ont pu quitter leur travail pour se consacrer à l'écriture à plein temps. » The SFReader, le 15/02/2012

•    Les internautes sont prescripteurs de contenus : « C'est donc les internautes qui choisissent ce qu'ils veulent voir/lire/écouter et plus les éditeurs qui choisissent ce qu'ils veulent publier. Et c'est bien ça qui a changé avec la démocratisation d'internet (web 2.0).» Kerrubin, le 15/02/2012

•    Le Web a changé la donne : « Actuellement, avec internet, n'importe quel créateur peut s'exprimer, se dédouaner des éditeurs et de leur filtre. L'intermédiaire doit être une aide, pas un filtre. Et tout ça, c'est valable pour TOUS les domaines de la culture (d'où ma généralisation en "créateur de contenu"). » Kerrubin, le 17/02/2012

2 |    Les préconisations

•    Le blog n’est pas un passage obligé, mais est fortement recommandé car il permet de créer du lien avec les lecteurs : « Parler de "passage obligé ", cela fait un peu trop catégorique. Les auteurs ne sont pas OBLIGES d'ouvrir un blog, cela est juste fortement recommandé pour entretenir un lien avec leur lecteurs. Disons que la tenue d'un blog personnel pour un auteur déjà présent via support physique (papier s'entend) lui permet d'entretenir une relation de communication plus avancée avec ses fans, lesquels peuvent lui suggérer des thèmes. » Cwicket, le 15/02/2012.

•    Les intermédiaires doivent mettre en valeur le contenu : « Pour le livre, je dirais le portage vers les différents formats. Autant une personne lambda peut "imprimer au format PDF", autant le portage vers les formats propriétaires divers et variés et plus complexe. Après, l'intermédiaire peut aussi améliorer la qualité du contenu en lui-même : relecture (orthographe, grammaire, même si parfois il reste encore des fautes dans les livres, sic.), traductions, ajout d'illustrations... […] dans le cas d'une traduction ratée, on pensera que l'auteur est mauvais ou écrit mal, pas que c'est la traduction. Et une belle illustration en couverture, ça attire. Le contenu peut également être mis à disposition pour les personnes à l'acuité visuelle réduite ou les aveugles ([…] pourquoi ils n'auraient pas le droit de lire ?) via braille ou livres audio...On peut aussi imaginer des applications dédiées à un livre : lecture + ambiance musicale...Il y a tellement de point qui peuvent mettre en valeur le contenu... » Kerrubin, le 15/02/2012

•    Les maisons d’édition pourraient se transformer en conseillers d’édition : « Il faut se passer des maisons d'édition, c'est urgent. Mais on pourrait imaginer que les éditeurs des maisons d'éditions deviennent des "Conseillers d’édition", capable de trouver un graphiste, un comunity manager, etc. pour faire vivre le l'ouvrage. » Le_Jax, le 16/02/2012

•    Un retour aux origines qui pourrait être la meilleure voie pour les maisons d’édition : « Le futur que j'imagine pour "l'édition" sera effectivement ce que vous donnez comme périmètre aux "conseillers de publication" (oui, je suis un peu pédant sur le terme, utilisant une francisation du terme publisher, qui prête à mes yeux moins confusion qu'éditeur). Pour autant, rien n'empêche les "maisons d'édition" de se transformer en "société de service" spécialisées dans le conseil en publication. Ils seraient de nouveau ce qu'ils étaient à l'origine : un service apporté aux auteurs, et non plus un passage obligatoire. Après, ce sera aux auteurs de négocier (sinon en position de force, au moins équilibrée) la compensation offerte aux sociétés "conseils en publication". » TheSFReader, le 16/02/2012

3 |    Bilan

Parmi les intervenants, plusieurs ont souligné que le Web avait augmenté leur quantité de lecture. Ils apprécient les blogs car le lien avec l’auteur est plus naturel, plus direct.
Par ailleurs, plusieurs contributeurs ont mis en avant la mauvaise image qu’ils avaient des maisons d’édition, qu’ils figurent plus comme des intermédiaires purement commerciaux que comme de réels prescripteurs de contenus. 

 

Crédit photo : Dave and Les Jacobs / MASTERFILE