Synthèse des contributions : les freins au développement de la Vidéo à la Demande

Portrait de Tris
Document de travail
Tag(s) :

Dans le cadre des Hadopi Day, il a été demandé aux internautes quels étaient les freins à l’usage et au développement de l’offre légale de la vidéo à la demande.

Ainsi ont-ils souligné des prix peu attractifs, qui sont expliqués par la répartition - sans doute déséquilibrée - entre les différents acteurs du secteur, un problème majeur de disponibilité, en partie dû à la chronologie des médias, une interopérabilité limitée et une ergonomie peu attractive.

Le débat est toujours ouvert, n'hésitez pas à participer.

Des prix peu attractifs

Chiffres à l’appui, les commentaires soulignent le caractère particulièrement onéreux de l’offre de vidéo à la demande pour ceux qui sont dans un système de paiement à l’acte,[1] Ainsi un film récent coûte entre 4€ et 5€ sur une plateforme de vidéo à la demande alors que son achat en DVD ou Blue-Ray coûte entre 20€ et 25€. De la même manière, un épisode de série va coûter entre 1,5€ et 2€, apparentant ainsi la location d’une saison à environ 50€, ce qui revient finalement plus cher pour le consommateur qu’un achat physique.

Néanmoins, les fournisseurs d’accès à Internet commencent à développer des offres qui s’apparenteraient à des forfaits comme pour la musique ou le téléphone. Ainsi, Canal + a annoncé son association avec SFR pour la mise en place d’un système de forfait à 9,99€ par mois[2].    

Une redistribution déséquilibrée

Dans une mission sur le développement des services de vidéo à la demande[3], Sylvie Hubac souligne qu’entre 50 et 70% du prix du public est reversé au détenteur du droit d’exploitation pour les œuvres de cinéma, et, entre 30 et 50% pour les œuvres issues de l’audiovisuel. Cette répartition désavantage les plateformes de vidéo à la demande.

Dans son article[4], Pascal Lechevallier propose un graphique montrant la redistribution. Sur un contenu VoD à 4,99€, 0,20€ seraient reversés à la plateforme. Ce déséquilibre pourrait partiellement expliquer les prix peu attractifs proposés aux utilisateurs.

 Le problème de la disponibilité

Autant sur le forum que sur le fil Twitter des Labs, les internautes soulignent le problème de la disponibilité de la langue. En effet, une partie importante des contenus vidéos sont des productions en langue anglaise. Or, la quasi-totalité des commentateurs souhaitent regarder leurs émissions en version originale.

Par ailleurs, selon les contenus, les doublages ne sont pas toujours appréciés, tant du point de vue de la phonétique que de la traduction. Ainsi certains internautes vont se tourner vers les réseaux pair à pair ou le « direct download » pour obtenir de manière illicite des versions originales et/ou sous-titrées.

Sur la question de la disponibilité des contenus, il a été mis en avant que les catalogues semblaient restreints. Ainsi, s’il est aisé d’obtenir les dernières sorties  DVD, il est plus difficile de trouver des contenus plus rares ou plus anciens, car certains ne sont pas numérisés.

Un internaute soulignait le fait que l’offre documentaire était également faible.

Une statistique avait recensé le nombre de titres disponibles en décembre 2009 sur l’ensemble des plateformes de vidéos à la demande en France et le nombre était inférieur à 5 000[5].

Par ailleurs, le problème de la territorialité des contenus et de leurs disponibilités sur le marché français, dans le cas des contenus en provenance de l’étranger, conforte les utilisateurs leurs pratiques illicites. A titre d’exemple, un non-résident américain ne peut pas regarder les séries proposées en streaming par les grandes chaînes comme ABC s’il n’est pas sur le réseau américain.  

De ce fait, il est parfois plus facile d’avoir accès à un contenu « pirate » qu’à un contenu légal en matière de vidéo à la demande car le premier sera disponible très rapidement. Cette préférence se retrouve sur les moteurs de recherche. Ainsi, il est aisé de constater lors d’une recherche de contenus de vidéos à la demande que ce sont les contenus proposés de manière illicite qui apparaissent devant les contenus proposés de manière licites, ce qui pose la question de référencement.

La chronologie des médias

La chronologie des médias désigne le temps qui existe entre une sortie en salle de cinéma, sa disponibilité en DVD, en VoD et sa diffusion à la télévision, d’abord sur des chaînes privées et payantes puis sur des chaînes publiques.

Ainsi, entre la date de la sortie en salle de cinéma et le moment de sa disponibilité sur une plateforme de vidéo à la demande, il y a un délai de 36mois pour la vidéo à la demande sur abonnement et de 48 sur la vidéo à la demande gratuite[6]. Il y a des signes prometteurs en provenance des Etats-Unis en la matière dans la mesure où Universal Pictures a annoncé vouloir être en mesure de proposer des contenus vidéos trois semaines après leurs sorties en salles[7]. Bien que le prix annoncé semble être plus que rédhibitoire (60$), cela pourrait inciter d’autres studios à suivre cette voie et à des prix moins élevés.

Une interopérabilité limitée et autres freins techniques

Avec la multiplication des supports de communication et de divertissements, les internautes souhaitent que les contenus puissent être visionnés de manière indifférente sur ordinateurs, tablettes, télévision ou autre. Il pourrait être intéressant de réfléchir à un système de plateforme qui fonctionnerait sur les trois types de machines, ce qui nécessiterait de réfléchir également sur un système fonctionnant autant sur Windows, que sur MAC que sur Unix.

Pour le moment, cela ne semble pas être le cas, bien que certaines plateformes proposent des contenus accessibles à la fois sur Windows et sur Mac mais pas encore Linux/Ubuntu/Debian et autres systèmes d’exploitation open-source. Il pourrait être objecté que les utilisateurs de système de type Linux ne sont pas majoritaires. En effet, une étude menée par W3Schools, 85.6% des utilisateurs utilisent un système Windows, 6.7% un système Apple et 4.9% un système de type Linux.   

Par ailleurs, il est souligné que l’accès à la vidéo à la demande nécessite des installations supplémentaires lourdes et opaques, éléments qui ne mettent pas en confiance l’utilisateur. Par exemple, il semblerait que sur certaines plateformes, il soit nécessaire d’installer certains plugins. 

Autre élément concernant la technique, il semblerait que certains sites de vidéo à la demande ne précisent pas certaines fonctionnalités requises comme le système d’exploitation ou la mémoire requise.

Une ergonomie peu attrayante

Du point de vue de la présentation, les internautes soulignent le manque d’ergonomie, ne poussant pas à la consommation et la difficulté d’accès « intelligent » aux contenus proposés peut être un frein.

Ainsi, il n’est pas toujours possible de faire une recherche par acteurs, réalisateurs, années de sortie en salle, pays, etc.

 

Par ailleurs, les internautes mettent également en avant que la présentation générale des sites ne rend pas aisée la recherche de contenus.

Commentaires

Portrait de Mathieu

Une petit coquille : Mac est un UNIX au même titre que Linux, BSD et tant d'autres...

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/UNIX

Portrait de Tris

Oui tout à fait, mais les utilisateurs ont souligné que les plateformes qui fonctionnaient sur MAC ne fonctionnaient pas sur les OS type UNIX.