Les chiffres à connaitre pour un réel aperçu de l'évolution du piratage

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Portrait de Lucien de Baixo
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Suite à la publication sur Electron Libre, TechBiz et PC INpact des statistiques d'audience établies par Médiamétrie/NetRatings sur certains sites de DirectDownload comme Megaupload, il me semble qu'une étude se basant sur un panel d'informations plus large soit nécessaire pour avoir un réel aperçu de l'évolution du piratage en France et dans le monde.

Voici une petite liste des paramètres qu'il me semble nécessaire, et comme minimum, à prendre en compte pour avoir une idée objective de l'impact d'Hadopi en France et du marché potentiel de l'offre légale :

- connaitre le trafic en volume, la fréquentation en visite unique et le nombre totale des connexions, de tous les sites de Direct Download.

- la même chose avec les newsgroups, les services V.P.N. ouvert au public, les proxy (html et IP) , les services p2p notamment en salon privé mais aussi sur les réseaux chiffrés et autres darknets

- connaitre la fréquentation en visite unique, le nombre total des connexions et le nombre de requêtes sur les portails et forums de référencement de fichiers pirates.

- connaitre le trafic en volume, la fréquentation en visite unique et le nombre totale des connexions, des sites d'offre légale mais également des sites de plateforme participatives comme Youtube, Soundcloud, Jamendo, etc.

Il me semble nécessaire de comparer ses données également avec l'état de la qualité et la quantité des productions des industries culturelles afin d'étudier s'il y a une corrélation avec le niveau de piratage. Par exemple, y-a-t'il un impact de l'arrêt des grosses séries comme Lost ou 24 heures sur la fréquentation des sites de DirectDownload. Il serait intéressant aussi d'analyser le lien entre activité sur les sites pirates et la santé économique. Pirate-t-on plus ou moins lorsqu'on est en période de crise ?

Tout ces données seraient à recueillir au niveau mondial ainsi que sur certains pays représentatifs comme les USA, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, le Japon, etc. et les comparer avec ceux de la France. Se baser également sur des sources qui ne sont pas uniquement statistiques mais prises auprès des F.A.I., notamment les très gros comme Cogent et aussi auprès d'audiences mesurées par Google et Alexa.

 

Portrait de ZaraA
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intéressant, je n'avais pas vu que les autres avaient suivi... Donc finalement, les chiffres de sarkozy ne sont pas totalement absurdes.

Tiens je vais faire un papier moi...

Portrait de TheSFReader
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Oui, ne pas oublier non plus de regarder en relation de l'offre légale (prix, disponibilité, "temporalité" etc.). 

Je crois qu'une offre légale abordable et "touffue" est déterminante pour lutter contre le piratage.

Certes, qu'une oeuvre ne soit pas disponible légalement n'excuse pas le pirate, mais ...  

 

Portrait de Lab_Economie_Numerique
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Bonjour et merci pour votre commentaire intéressant qui pointe du doigt les difficultés méthodologiques à mesurer les comportements licites et illicites en matière de biens culturels en ligne, pour plusieurs raisons, que nous essayons de détailler ci-dessous en reprenant les différents points de votre commentaire.

·  « connaitre le trafic en volume, la fréquentation en visite unique et le nombre totale des connexions, de tous les sites de Direct Download ; la même chose avec les newsgroups, les services V.P.N. ouvert au public, les proxy (html et IP) , les services p2p notamment en salon privé mais aussi sur les réseaux chiffrés et autre darknet ; connaitre la fréquentation en visite unique, le nombre total des connexions et le nombre de requêtes sur les portails et forums de référencement de fichiers pirates. »

Il est très difficile par nature de mesurer des pratiques en fonction des différents modes de consommation et notamment les pratiques illicites. Il est possible d'obtenir des statistiques de fréquentation mais les sites sur lesquels des œuvres sont accessibles illégalement ne communiquent pas sur leurs chiffres de consommation réelle.

De plus, pour être exhaustif, il faudrait  trouver des méthodologies permettant d’obtenir des résultats comparables pour les différents types de consommation (P2P, streaming, téléchargement direct, Newsgroups, VPN…), ce qui s’avère extrêmement compliqué, à la fois pour des questions de méthode (composition des échantillons étudiés, déclaratif, relevé de ventes physiques, mesure d’audience, etc.) et des questions de périmètre de la mesure (Torrent, P2P, etc.)

En revanche, on peut interroger un échantillon d’internautes sur leurs pratiques. L’Hadopi a d’ailleurs déjà rendu publique une étude intitulée « Hadopi, biens culturels et usages d’Internet : pratiques et perceptions des internautes français » utilisant cette méthodologie (voir la partie « ressources » du site). Il s’agit donc de comportements déclarés par les internautes et non de mesures directes sur le nombre de visiteurs uniques, nombre de connexions etc.

 

· « connaitre le trafic en volume, la fréquentation en visite unique et le nombre totale des connexions, de des sites d'offre légale mais également des sites de plateforme participatives comme Youtube, Soundcloud, Jamendo, etc. »

Même en ayant accès à ces chiffres, on ne pourra pas les comparer avec les autres modes de consommation, notamment illicites.

·  mesurer l’« évolution du piratage en France et dans le monde » 

Il s’avère impossible d’obtenir rétroactivement des données fiables et comparables sur les différents modes de consommation en ligne de biens culturels sur les 3 dernières années par exemple, en raison des difficultés méthodologiques déjà soulignées.

·   « Il me semble nécessaire de comparer ses données également avec l'état de la qualité et la quantité des productions des industries culturelles afin d'étudier s'il y a une corrélation avec le niveau de piratage. Par exemple, y-a-t'il un impact de l'arrêt des grosses séries comme Lost ou 24 heures sur la fréquentation des sites de DirectDownload. Il serait intéressant aussi d'analyser le lien entre activité sur les sites pirates et la santé économique. Pirate-t-on plus ou moins lorsqu'on est en période de crise ? »

Enfin, comme vous le soulignez, il reste à établir les corrélations avec d’autres variables comme la santé économique que vous mentionnez. On pourrait dans un premier temps envisager d’interroger un échantillon d’internautes et leur demander s’ils achètent plus ou moins en période de crise.

·  « Tout ces données seraient à recueillir au niveau mondial ainsi que sur certains pays représentatifs comme les USA, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, le Japon, etc. et les comparer avec ceux de la France. Se baser également sur des sources qui ne sont pas uniquement statistiques mais prises auprès des F.A.I., notamment les très gros comme Cogent et aussi auprès d'audiences mesurées par Google et Alexa. »

Vous évoquez de nouvelles pistes intéressantes. Il faudrait étudier dans quelles mesures elles pourraient être rendues publiques, et donneraient des résultats pertinents et comparables.

Nous espérons avoir répondu à vos questions, n'hésitez pas à nous le dire si ce n'est pas le cas :)

Florence et Marianne

Portrait de ZaraA
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Alors là, ça ajoute au débat... Blocage du streaming à lire sur EL

Portrait de Lab_Economie_Numerique
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Pour poursuivre le débat entamé par Lucien :

L’idéal serait d’avoir accès aux chiffres de consommation des plateformes mais les mesures directes sur les sites posent beaucoup de difficultés méthodologiques.

On pourrait donc envisager un premier travail en se basant sur les chiffres de fréquentation à partir d’outils comme Google Analytics ou Alexa, que Lucien a déjà mentionnés, ou des mesures d’audience d’instituts spécialisés et définir un échantillon de sites à étudier ; le périmètre étant à préciser : échantillon représentatif du marché ou ceux présentant les meilleures audiences ?

Cela nous donnera une première idée de la manière dont se répartit l’audience sur les différents canaux et modes de consommation (P2P, téléchargement direct, streaming… A noter : Alexa fournit également un ranking des VPN, mais on n’aura pas d’infos sur ce qui y circule concrètement).

On pourrait ensuite corroborer les hypothèses de répartition issues de ce travail par une étude multi-pays auprès des internautes pour les interroger sur leurs pratiques en matière de consommation en ligne de biens culturels.

A votre disposition pour en discuter plus en détail !

Marianne

Portrait de ZaraA
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Concernant les études chiffrées d'audience. Ni Analytics, et encore moins Alexa n'ont la précision et la fiabilité de NNR (Nielsen Netratings).

Petit rappel : Alexa est purement américain, et ne sert pas dans notre cas. Cet outil concentre tous les problèmes liés au "maxi panel". Trop long à décrire.

Analystics est pas mal, mais ne suit que des IP, se loge dans le navigateur comme un cookie, se fait régulièrement effacer, surtout par la communauté d'internautes qui nous intéresse. Enfin, ce n'est pas une mesure des internautes locaux, mais de tous... all over the world. Pas pertinent.

Bref, pour y revenir la recette est :

- chiffres audiences de tous les sites de stream et DDL par NNR, en mode "dédupliqué". sur une période de un an. Le tout pondéré de la croissance des abonnés au Net français. Sinon, ca veut rien dire. Et les surprises ne manqueront pas...

Car, la VRAIE question, ce ne sont pas les pirates, car ces derniers subissent depuis des années un "plafond de verre", qui imite leur progression dans le grand public. Autrement dit, le % de pirates parmi les abonnés internet est au mieux stable, au pire (sic!) en diminution sous l'effet conjuguée de la peur inspiré par la riposte graduée, et l'appel des sirènes du légal.

Donc, tout cela pour dire, que ce topic doit déboucher sur LA VRAIE question : la rémunération des créateurs par les sites, plateformes et services légaux...

Merci

Portrait de marianne_s
Posts: 9

Selon vous est-ce que les chiffres d'audience sont suffisants alors qu'ils ne correspondent pas à la consommation réelle sur ces sites ? C'est une question que l'on se pose régulièrement lorsqu'il s'agit de quantifier l'usage des vidéos/ musiques sur les plateformes.


 

Portrait de ZaraA
Posts: 18

Oui, lorsqu'il s'agit de mesurer le nombre de visiteurs uniques. Ce qui manque est une étude approfondie et détaillée sur les usages : combien de vid/jour/personne ? Quand ? Pourquoi ? etc.

Portrait de Ethanaul
Posts: 70

L'audience ne signifie rien. Etnre ceux qui tombent sur ces sites par hasard, ceux qui téléchargent par lots, ceux qui passent par des anonymisers, ...

Rien n'est réellement quantifiable si les responsables ne donnent pas leurs chiffres. Lesquels sont erronés aussi, mais là on peut appliquer un ratio. Et il faudrait aussi savoir ce qui sur de tels sites est "illégal" ou pas, et pour qui c'est illégal.

Prenons un domaine que je connais légèrement, les livres: tel auteur est du domaine public pour les pays hors EU, il faut 20 ans de plus pour l'EU. Le statistiques des téléchargement d'un ebook de cet auteur ne peuvent donc pas indiquer (pendant ces 20 ans) si c'est du piratage ou pas, à moins de fournir des informations privées (adresses IP).

Portrait de ZaraA
Posts: 18

Je ne crois pas.

Les études par panel Nielsen sont assez bon sur les gros chiffres d'audience. La marge d'erreur est quantifiable.

Le problème le plus délicat à contourner, c'est l'étude des comportements. Travailler à mesurer les pratiques illicites, ça c'est du boulot !

Une idée ? Guillaume ? Hou hou Guillaume ?

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