Quelle(s) évolution(s) pour la photo ?

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Portrait de Tris
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Les experts des Labs travaillent sur le thème de la photographie.

Dans ce cadre il a été demandé à des photographes professionnels à quelles difficultés ils étaient confrontés.

 

Des problèmes qu'ils ont évoqués, trois questions majeures sont ressorties :

- devrait-il y avoir une instance de régulation spécifiquement dédiée à la photographie ?

- cette instance devrait-elle notamment s'intéresser aux entreprises de micro-stock de photographies ?

- quelles adaptations devraient être apportées au droit d'auteur afin de correspondre aux besoins des photographes professionnels ?

[MAJ du 11/01/2012 à 15h57] : A la demande des internautes et avec accord de l'émetteur, voici la publication du mail envoyé :

Alors de mon point de vue :

Les principales difficultés rencontrées par les photographes professionnels aujourd'hui, liste non exhaustive bien sûr  :

1- Concurrence déloyale des amateurs/auto entrepreneurs qui arrondissent leur fin de mois en pratiquant des tarifs totalement délirants. Les pros doivent eux amortir de lourds investissements en matériels de prise de vue/studio là ou les amateurs et auto-entrepreneurs ne font (la plupart du temps) que compléter un revenu déjà existant.
Ils pourrissent donc le marché avec parfois des taux horaires si bas qu'une femme de ménage n'en voudrait pas ! De plus cela dénigre complètement la valeur du métier et le savoir faire qu'il requiert. Il suffit de se balader sur la toile pour comprendre rapidement que le niveau photographique est bas !
Tout n'est pas noir, il existe dans ces pratiquants des personnes qui non seulement fournissent un bon travail, mais respectent une étique de prix normale. Ceux-là ne font de tord à personne.

Pour résumé nous vivons aujourd'hui la même chose que les professionnels de l'internet en 2000, tout le monde est photographe ... ou alors ils étaient tous cachés derrière un buisson, mais force est de constater que leur nombre semble exponentiel.

Ce métier n'est aucunement régulé, et les associations comme l'UPP (Union des Photographes Professionnels, dont je fait partie) font ce qu'elles peuvent.
La comparaison la plus courante reste celle des taxis. Un métier régulé et normé, tant dans le droit d'exercice que dans les critères de nombre.
Avoir une voiture ne fait pas de toi un Taxi. A contrario, avoir un appareil photo fait de n'importe qui un photographe établi et un nième concurrent.

2- Le droit d'auteur me semble dépassé (avis contraire à la majorité des photographes qui continue de défendre bec et ongles de vieilles pratiques)
Il me semble que le droit d'auteur nécessite d'être remis au goût du jour, et surtout mis en accord avec le service rendu.
Je comprend parfaitement la réticence d'un client à payer des droits en plus d'une prestations photographique pour des photographies qui ne seront jamais génératrices de revenus commerciaux. J'ai aujourd'hui toutes les peines du monde à expliquer ce principe à mes clients.

Ce droit devrait être systématiquement rapproché d'une valeur ajoutée pour le client (publicité produit, vente d'un service). Je ne sais pas si je m'exprime clairement mais aujourd'hui ce droit est aveuglément appliqué, que le client final tire un bénéfice ou pas de l'utilisation des images, il serait logique que la rémunération du droit soit proportionnelle à la valeur générée, une sorte de commission sur un chiffre d'affaire réalisé à la manière d'un commercial. Certes c'est difficile à mesurer, pas simple à mettre en pratique, une simple idée en somme. Et puis il y a certainement des paramètres que j'ai oublié dans l'équation.
En tout cas il me parait logique de toucher plus de droit pour une image fabriquée et utilisée pour une campagne de pub Coca-Cola, que pour un commerçant local. Hors aujourd'hui, la différence de prix se fera sur la masse des supports de pub et leur nombre, non sur ce qu'elle est potentiellement capable de générer.

3- Les micros stock
Ces entreprises (Fotolia, Istock pour les plus connues) vendent des photographies d'illustration à bas prix et laissent miroiter aux amateurs ET aux pros des gains importants sur le nombre. Cette logique ne profite en fait qu'a eux et à quelques élus qui sortent leur épingle du jeu (pour quel investissement ?). Vendre des photos a 1€ n'est ni étique, ni juste.
Le problème est l'abondance de participants, ils confortent l'impression de normalité sur une pratique de vente qui ne l'est pas. De plus, et au regard de la loi, ces sociétés souvent installées au Luxembourg ou dans des pays fiscalement positifs, passent totalement outre le droit d'auteur. Une photo vendue 1€ peu ainsi se retrouver sur une grande campagne de publicité et être la source de revenus conséquents sans que son auteur n'en voit un cent de plus. Je ne trouve pas cela parfaitement normal.

La faute est aussi côté photographes, il suffirait qu'ils n'y participent pas, resterait ... les amateurs , groumph !
Une anecdote à ce sujet : Un photographe contacté par une agence pour l'achat d'une de ses photos a fait un devis. L'agence en question par pur hasard est tombé sur le profil Fotolia du photographe en question. Résultat, une vente à 1€ au lieu d'un prix juste et équilibré pour tout le monde ... Autant dire qu'il a du regretter.

4- Crédibilité d'un savoir faire
Pour reprendre mon exemple d'internet et des années 2000, une période que je connais bien puisqu'en 1995 j'avais monté une petite agence web qui faisait aussi fournisseur d'accès internet (RTC mon amour), la technologie et l'engouement pour la photo ont donné l'impression que c'est un métier facile. Par extension une nombre conséquent de gens pensent que la facilité apparente justifie un prix très très bas. Lorsque je vois des photographes faire des offres Groupon à 20€ pour une séance studio de 2h avec retouches et tirages je reste perplexe .... çà ne paye même pas l'encre !
La "bonne nouvelle" c'est qu'ils ne survivront pas longtemps à ce rythme. :D

Pour résumer je pense que le métier se doit d'évoluer, le monde n'est plus le même, il doit être encadré sans pour autant en devenir une forteresse. Il est d'ailleurs étonnant de constater que c'est un des seuls métier aujourd'hui qui ne présente aucune conditions à l'exercice.

Crédit photo : Ian Lishman

Portrait de Sariel
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Je ne suis pas très connaisseur, mais il me semble que la difficulté numéro 1 des photographes à l'ère numérique, c'est l'afflux massif d'amateurs qui vendent leurs photos à prix bradé voir gratuitement.

Les photoshopeurs d'entreprise se chargeant de gommer certains défauts ou se contentent des photos relativement médiocres.

Portrait de TheSFReader
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Concernant l'afflux d'amateurs qui vendent leurs photos à prix bradés, il faut voir d'un point de vue macroscopique si c'est une évolution vers un meilleur équilibre "global" et non pas "local". Si l'équilibre macro-e est meilleur, je ne vois pas de raison d'intervenir.

Je ne vois pas en quoi la" photographie" (professionnelle ou non) ou les services de vente de photos devrait être régulés au delà de ce que la loi actuelle (droits à l'image, droits d'auteurs et demande. Si de multiples amateurs proposent des photos "compétitives" sur le marché (en qualité ou en terme de prix), c'est alors aux photographes professionnels de revoir leur business model en fonction des changements de ce marché. 

Micro-stock de photos, vous avez des exemples ou une définition ?

Concernant les modifications aux droits d'auteur, on pourrait imaginer que les informations méta-données des images (auteur notamment) soient obligatoirement conservées. Au pire des cas dans le nom des fichiers :) 

Portrait de S.Renault
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Votre argumentation ne tiens pas compte des contraintes qu'un pro est obligé de porter et qu'un amateur n'a pas. Amortissement de matériel, investisement lourds, charges sociales, retraite, etc. Là où un amateur encaisse 100€ le pro, lui, doit encore en reverser une part pour les charges et ensuite il est imposé dessus. Bien souvent, ne nous voilons pas la face, les amateurs ne déclarent pas leurs prestations.

Vous semblez également prendre comme fait acquis que la possession d'un appareil photo fait automatiquement du propriétaire, un photographe légitime et professionnel, ce qui est bien loin d'être le cas aujourd'hui.

Je pense que par régulation il faut entendre "professionnalisation du statut". C'est un des seuls métier que n'importe qui peut exercer sans avoir à justifier d'une étique professionnelle dans la pratique et les tarifs. C'est idiot et c'est là l'une des sources principales de la dévalorisation systématique de ce métier dans le plus pur style, "les photographes c'est juste des presse bouton !"

;)

 

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Je ne connais rien à la photo et à son milieu, par contre moi je connais (un peu plus) celui des livres.

Les photographes "professionnels" se trouvent (à mes yeux) dans la même position que les éditeurs "papier" avec l'arrivée des auto-publiés : lutter avec un ancien business modèle contre de nouveaux entrants qui n'ont pas les même contraintes. Qu'il soient vexés (ou désemparés), je le comprends. Mais de là à justifier des protections légales...

Effectivement, si un amateur "oublie" de déclarer des prestations, on peut le lui reprocher, ce que le FISC n'oubliera sans doute pas de faire s'il s'en rend compte. Nul besoin de modifier quoi que ce soit ! 

C'est quoi un photographe légitime et professionnel ? 

Légitime ? c'est la qualité de son travail , jugée par amateurs d'art ou les acheteurs (rédaction,publi-rédaction,clients...) seule qui doit lui donner légitimité, et non pas le montant des investissements qu'il aura consenti dans son matériel.

Professionnel ? Si une partie majeure de son revenu vient de la photo, il est pro. Pas besoin de cadre ou de régulation supplémentaire !

Portrait de S.Renault
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La légitimité d'un photographe doit passer, de mon point de vue, par l'offre d'une garantie de service et de résultat qu'un amateur ne saurait donner (ou une minorité). Soit par manque d'expérience ou de matériel adapté a des prises de vue bien spécifiques.

J'ai déjà récupéré des clients en détresse après avoir tentés de faire de fausses économies en prenant les service bas prix d'un amateur.

Mais la faute reviens peut être plus au client qu'aux amateurs in fine. Je constate pour ma part un manque cruel de lucidité des clients sur l'utilité et le potentiel retour sur investissement que peu représenter une image bien construite. La photo est pourrie ? Pas grave, elle nous a couté 1€ !

Ils oublient que c'est l'image de leur entreprise qui souffre indirectement de ce désintérêt. On observe d'ailleurs le même phénomène dans le milieu graphique. Le petit cousin connais photoshop il fait ma plaquette contre une tablette de chocolat et çà ira bien.

Portrait de TheSFReader
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Je vous l'accorde, et ne peux qu'imaginer ma déception si les photos de mon mariage, confiées à un pro, avaient été mauvaises (pas de deuxième prise possible ou prévue).

Mais par exemple dans ce dernier cas, quelle garantie un photographe est-il capable de donner, si ce n'est une garantie de moyens ?

 

Portrait de S.Renault
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Il y a une part de conseil communication dans la photo (en tout cas chez moi). Je parle ici de ce que je pratique, la photo d'entreprise ou a destination de publicité. Je ne fait pas de mariages.

L'expertise ne se borne pas aux moyens engagés, mais également à l'apport d'une valeur ajoutée concrète. L'image est bien souvent en renfort d'une idée directrice, parfois elle EST l'idée directrice et se doit, dans la majorité des cas, être traduisible en source de revenus et en terme de chiffre d'affaire potentiel.

Chaque photo ou presque sous entend l'image, la dynamique, l'état d'esprit des employés, du produit ou du service qu'elle illustre. C'est un métier (ou un don ;) ) que de saisir l'important au bon moment, parfois dans un environnement défavorable.

C'est donc la garantie d'un investissement utile, fonctionnel, voir rentable qui doit être la clef de voute de l'offre d'un pro. Faire des photos pour ne pas les utiliser ou leur trouver après coup un effet contre productif est parfaitement inutile nous sommes bien d'accord.

 

 

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Je comprends mieux, mais ne vois pas en quoi une "instance", serait nécessaire pour lutter contre les amateurs dans ces cas là. Je suppose que des organisations professionnelles, auto-gérées  pourraient très bien faire l'affaire non ? 

Si elles souhaitent mettre en place un "label qualité" ou  autre, libre à elles de le faire.

Je ne vois pas de besoin d'un "comité de surveillance des photographes".

 

Portrait de S.Renault
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C'est plus un organisme d'agrément dont il serait question, un peu comme les Taxis.

Tout le monde ou presque possède un véhicule, pourtant nous n'avons pas le droit de l'amortir ou d'arrondir les fins de mois en transportant des gens pour un prix dérisoire ;)

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Mais sous quelles conditions cette obtention d'agrément ?

Reproduire les histoires de licences taxis ? Je n'y vois aucun intérêts, au contraire.

Vous le disiez, votre plus value c'est le conseil. Et ce n'est pas l'acquisition d'une license ou d'un agrément qui garantira la qualité de ces conseils !

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(précisions à postériori) votre plus value c'est entre autre le conseil ;)

Portrait de S.Renault
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Pourquoi cette idée ou cette méthode appliquée ailleurs, pour des tas d'autres métiers semble ici poser problème ?

Il faudrait effectivement faire un travail sur le cursus ou les garanties et critères nécessaires à l'exercice profesionnel de ce métier (donc générateur d'un revenu). Sinon c'est que la majorité pense que faire des photos n'est plus un métier, auquel cas il finira par disparaitre comme dans l'histoire certains métiers ont disparus (les cochers avec la voiture).

J'ai plutôt l'impression (l'espoir ?) que le milieu va s'épurer tout seul d'un effet de mode "la photo c'est facile, et çà rapporte" ... ou pas.

 

 

Portrait de TheSFReader
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Soit s'épurer, soit s'auto-réguler... (ce qui revient au même et est peut-être même synonyme dans ce cas).  Mais je ne vois pas de besoin de régulation externe. (mais je n'y connais rien, on est d'accord).

Portrait de TheSFReader
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Mais le co-voiturage et l'auto-stop ne sont pas spécialement régulés, si ?

Concernant les taxis, il me semble que la majorité des prestations proposées par les taxis sont TRES strictement encadrées par la loi, ainsi que leurs tarifs. A part certains aspects "cosmétique", cela interdit presque intégralement la  "compétition" sur la qualité notamment...

Portrait de S.Renault
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A ce titre les droits d'auteur sont "normés" via des grilles pensées par l'Union des Photographes Profesionnels, mais qui ne sont que suggestion.

Je n'ai rien contre l'encadrement des tarifs de prestations pourvu qu'ils soient justes pour tout le monde.

Portrait de TheSFReader
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Et en, quoi l'UPP a t'elle besoin de l'état pour fixer une grille de prestation ?

"juste pour tout le monde" ... va définir ça ;)

Portrait de S.Renault
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Elle n'a effectivement pas besoin de l'état pour la fixer, en revanche pour la faire respecter par ceux qui font de la photo, bon courage.

"Juste pour tout le monde ...", oui difficile, je pense qu'a 500€ de l'heure çà devrait passer (humour, rangez les pierres !)

kamui57 (non vérifié)
Portrait de kamui57

«Des problèmes qu'ils ont évoqués, trois questions majeures sont ressorties :

- devrait-il y avoir une instance de régulation spécifiquement dédiée à la photographie ?

- cette instance devrait-elle notamment s'intéresser aux entreprises de micro-stock de photographies ?

- quelles adaptations devraient être apportées au droit d'auteur afin de correspondre aux besoins des photographes professionnels ?»

Et les problèmes, yen a ? je n'en vois aucun dans la liste. Pourquoi les photographes râlent, et quels photographes ?

 

Portrait de Tris
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En fait, ils m'ont fait part de leurs difficultés par email et comme il s'agissait d'un contenu très détaillé, peu compatible avec un forum, j'ai synthétisé au maximum. Mais je pense que tu auras rapidement une petite liste des soucis rencontrés par des professionnels :)

Portrait de TheSFReader
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Pas sa place sur le forum pkoi pas, mais il y a peut-etre moyen de le mettre à dispo sur le Wiki ?

Portrait de Tris
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Personnellement je ne serais pas du tout contre, bien au contraire, mais il me faut l'accord de celui qui m'a fait le mail bien explicatif et qui se reconnaîtra :)

Portrait de S.Renault
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Pas de soucis ;)

Portrait de TheSFReader
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(réfléchissage suite à la diffusion du mail d'origine. Je reviendrais ! :) ) 

Portrait de S.Renault
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Il faudrait des témoignages de photographes d'autres spécialités ou de point de vue différent, ce serait intéressant. :)

Portrait de Tris
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Si tu as des collègues qui veulent participer, ils sont les bienvenus, c'est open :)

Portrait de TheSFReader
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(Votre / Vous etc se rapporte aux photographes dans leur ensemble et non pas à un interlocuteur en particulier, bien entendu)
(Et je sens que je vais me faire des amis !!! )
 
>>1- Concurrence déloyale des amateurs/auto entrepreneurs qui arrondissent leur fin de mois en pratiquant des tarifs totalement délirants. Les pros doivent eux amortir de lourds investissements en matériels de prise de vue/studio là ou les amateurs et auto-entrepreneurs ne font (la plupart du temps) que compléter un revenu déjà existant.
 
Je ne vois pas en quoi c'est déloyal. Si le Business Model ne fonctionne pas, y'a pas de raison de le protéger. Si des amateurs sont plus "compétitifs" (en terme de rapport qualité/prix) que les pros (ou l'inverse d'ailleurs), que Darwin fasse son oeuvre. 
Si les clients ne jugent pas que les prestations pro justifient le prix que vous leur fixez c'est 1) à vous de baisser le prix ou 2) de démontrer aux clients que vous les valez bien. 
Une fois qu'ils se seront vautrés avec des merdes, ils reviendront chercher les photographes ayant au minimum une approche "pro" de leur métier.
 
>>Ils pourrissent donc le marché avec parfois des taux horaires si bas qu'une femme de ménage n'en voudrait pas ! De plus cela dénigre complètement la valeur du métier et le savoir faire qu'il requiert. Il suffit de se balader sur la toile pour comprendre rapidement que le niveau photographique est bas !
 
Si les clients s'en contentent, c'est (c'est malheureux à dire) que votre offre ne correpospond pas à leur demande. Vous préfereriez des gens qui se mettraient à leur compte et factureraient de la merde à votre prix ? Pour le coup, c'est là que vous en prendriez pour votre grade.
 
>>Tout n'est pas noir, il existe dans ces pratiquants des personnes qui non seulement fournissent un bon travail, mais respectent une étique de prix normale. Ceux-là ne font de tord à personne.
 
Donc, ces gars là, au lieu de les encourager et de les accompagner/intégrer aux rangs des pro, ou bien même de les ignorer, vous allez leur poser des barrières à l'entrée ? Je ne vois pas de quel droit.
 
>>Pour résumé nous vivons aujourd'hui la même chose que les professionnels de l'internet en 2000, tout le monde est photographe ... ou alors ils étaient tous cachés derrière un buisson, mais force est de constater que leur nombre semble exponentiel.
 
Oui, ben on sait ce qu'il est advenu après. Bulle, et n'ont survécu que les plus solides. Auto-régulation. Ca a fonctionné. Nominal.
 
>>Ce métier n'est aucunement régulé, et les associations comme l'UPP (Union des Photographes Professionnels, dont je fait partie) font ce qu'elles peuvent.
>>La comparaison la plus courante reste celle des taxis. Un métier régulé et normé, tant dans le droit d'exercice que dans les critères de nombre.
>>Avoir une voiture ne fait pas de toi un Taxi. A contrario, avoir un appareil photo fait de n'importe qui un photographe établi et un nième concurrent.
 
Ben avoir  un fer à souder ne fait pas de moi un plombier, une truelle un maçon, un tournevis de précision un horloger...
C'est à vous (à l'UPP?) de faire votre pub et faire connaitre vos compétences et points forts. Si vous n' arrivez pas à vous démarquer des amateurs, c'est peut-etre que vous n'avez pas assez évolué en avance de phase, ou que votre profession est "surpeuplée".
 
>>2- Le droit d'auteur me semble dépassé (avis contraire à la majorité des photographes qui continue de défendre bec et ongles de vieilles pratiques)
>>Il me semble que le droit d'auteur nécessite d'être remis au goût du jour, et surtout mis en accord avec le service rendu.
>>Je comprend parfaitement la réticence d'un client à payer des droits en plus d'une prestations photographique pour des photographies qui ne seront jamais génératrices de revenus commerciaux. J'ai aujourd'hui toutes les peines du monde à expliquer ce principe à mes clients.
>>Ce droit devrait être systématiquement rapproché d'une valeur ajoutée pour le client (publicité produit, vente d'un service). Je ne sais pas si je m'exprime clairement mais aujourd'hui ce droit est aveuglément appliqué, que le client final tire un bénéfice ou pas de l'utilisation des images, il serait logique que la rémunération du droit soit proportionnelle à la valeur générée, une sorte de commission sur un chiffre d'affaire réalisé à la manière d'un commercial. Certes c'est difficile à mesurer, pas simple à mettre en pratique, une simple idée en somme. Et puis il y a certainement des paramètres que j'ai oublié dans l'équation.
>>En tout cas il me parait logique de toucher plus de droit pour une image fabriquée et utilisée pour une campagne de pub Coca-Cola, que pour un commerçant local. Hors aujourd'hui, la différence de prix se fera sur la masse des supports de pub et leur nombre, non sur ce qu'elle est potentiellement capable de générer.
 
Et vous pouvez pas négocier ça avec les clients ? Je ne vois pas en quoi le droit d'auteur actuel (mais je ne suis pas juriste) vous en empêche. 
 
>>3- Les micros stock
>>Ces entreprises (Fotolia, Istock pour les plus connues) vendent des photographies d'illustration à bas prix et laissent miroiter aux amateurs ET aux pros des gains importants sur le nombre. Cette logique ne profite en fait qu'a eux et à quelques élus qui sortent leur épingle du jeu (pour quel investissement ?). Vendre des photos a 1€ n'est ni étique, ni juste.
 
Ben ... c'est aux "pigeons" d'en décider. De quel droit leur interdire de vendre leur production ? Au nom de quoi ? S'ils veulent se faire enfler, c'est leur droit.
Dans le domaine des livres numériques, on voit très bien ce phénomène, et on peut dire 1) que ça s'auto-régule au niveau du contenu (la merde n'est pas achetée et disparait, le reste est acheté et fait des ventes).
2) ça s'auto-régule au niveau du prix.  Les auteurs (y compris iondépendants) se rendent compte que les proix trop faibles leur rapportent moins que des prix plus élevés --> montent les prix.
 
>>Le problème est l'abondance de participants, ils confortent l'impression de normalité sur une pratique de vente qui ne l'est pas. De plus, et au regard de la loi, ces sociétés souvent installées au Luxembourg ou dans des pays fiscalement positifs, passent totalement outre le droit d'auteur. Une photo vendue 1€ peu ainsi se retrouver sur une grande campagne de publicité et être la source de revenus conséquents sans que son auteur n'en voit un cent de plus. Je ne trouve pas cela parfaitement normal.
 
C'est le photographe qui a accepté ce principe de base. C'est comme ça.
 
>>La faute est aussi côté photographes, il suffirait qu'ils n'y participent pas, resterait ... les amateurs , groumph !
 
Cf remarque au dessus. Si l'amateur fait du bon boulot pour pas cher, c'est à vous de monterr que vous faites mieux, à des prix compétitifs !
 
>>Une anecdote à ce sujet : Un photographe contacté par une agence pour l'achat d'une de ses photos a fait un devis. L'agence en question par pur hasard est tombé sur le profil Fotolia du photographe en question. Résultat, une vente à 1€ au lieu d'un prix juste et équilibré pour tout le monde ... Autant dire qu'il a du regretter.
 
Ben oui, bien fait pour sa pomme ! S'il l'a mis à ce prix là sur fotolia, il savait qu'il ne la vendrait qu'1€. C'est sa responsabilité en tant que "chef d'entreprise" de la positionner là où il peut en tirer le meilleur profit.
 
>>4- Crédibilité d'un savoir faire
>>Pour reprendre mon exemple d'internet et des années 2000, une période que je connais bien puisqu'en 1995 j'avais monté une petite agence web qui faisait aussi fournisseur d'accès internet (RTC mon amour), la technologie et l'engouement pour la photo ont donné l'impression que c'est un métier facile. Par extension une nombre conséquent de gens pensent que la facilité apparente justifie un prix très très bas. Lorsque je vois des photographes faire des offres Groupon à 20€ pour une séance studio de 2h avec retouches et tirages je reste perplexe .... çà ne paye même pas l'encre !
>>La "bonne nouvelle" c'est qu'ils ne survivront pas longtemps à ce rythme. :D
Ben voilà ! Darwin je vous dit !
 
>>Pour résumer je pense que le métier se doit d'évoluer, le monde n'est plus le même, il doit être encadré sans pour autant en devenir une forteresse. Il est d'ailleurs étonnant de constater que c'est un des seuls métier aujourd'hui qui ne présente aucune conditions à l'exercice.
 
Euh, non, des metiers y'en a pleins sans droits d'entrée... Bien plus que de metiers réglementés !
(dont une liste http://fr.wikipedia.org/wiki/Profession_r%C3%A9glement%C3%A9e#France ) ne montre d'aileurs pas de profession reliée à la création "artistique" ou aux droits d'auteur...
 
Portrait de S.Renault
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Si je résume ton point de vue : La loi du marché, rien que la loi du marché ... Alea jacta est !

Attention je ne dis pas que ce n'est pas la bonne "solution", je constate juste que les gens sont prompt à accepter la fatalité des choses et leur façon d'être, tant et pourvu que cela ne les concernent pas directement.

Dis moi cher camarade de débat, quel métier fais-tu ? ;)

 

PS: Je ne parlais pas de "droits d'entrée" en vérité mais de conditions à l'exercice (floues et indéterminées nous sommes d'accord)

kamui57 (non vérifié)
Portrait de kamui57

Tu peux pas montrer au client une carte de photographe, une attestation, un diplôme ou quelque chose qui devrait donner de la crédibilité ?

(première fois que j'arrive pas à taper un captcha reconnu : captcha avec a accent aigu - comment on fait en disposition clavier france alternative ? :P )

Portrait de Tris
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Ben tu te fais ENFIN un compte sur la plateforme :

1- tu éviteras les captcha (s?)

2- tes commentaires n'auront plus besoin d'être validés a priori pour apparaître

^^

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Supposons que je soit directeur d'une agence marketing...

Je crois que n'importe qui peut essayer d'imaginer une campagne de pub l'écrire sur un set de table en papier, et la facturer 1€.

Alors comment fait une agence marketing pour facturer plus ? Ben elle montre à ses clients qu'elle vaut plus que ça, non ? Elle amène un book, des projets etc. 

Une agence marketing n'a pas besoin de statut ou de protection particulière. En quoi un photographe est-il différent ?

Portrait de TheSFReader
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Oui, j'avoue, je suis "léger" avec votre profession.

Je fais le métier d'ingénieur, sans avoir ce diplome. J'aurais aussi pu être commerçant, boulanger, artiste peintre, journaliste, auteur, violoniste, agent immobilier, acteur, réalisateur ...

kamui57 (non vérifié)
Portrait de kamui57

Entièrement d'accord avec TheSFReader.

1- Concurrence déloyale des amateurs/auto entrepreneurs qui arrondissent leur fin de mois en pratiquant des tarifs totalement délirants. Les pros doivent eux amortir de lourds investissements en matériels de prise de vue/studio là ou les amateurs et auto-entrepreneurs ne font (la plupart du temps) que compléter un revenu déjà existant.

 

Si vous payez cher du matos, il doit permettre des choses que du matos moins cher, utilisé par les "amateurs", ne permet pas ? Ou alors ya de l'arnaque quelque part ?

 

Ils pourrissent donc le marché avec parfois des taux horaires si bas qu'une femme de ménage n'en voudrait pas ! De plus cela dénigre complètement la valeur du métier et le savoir faire qu'il requiert. Il suffit de se balader sur la toile pour comprendre rapidement que le niveau photographique est bas !

 

Jpense qu'ils font payer ce qu'ils estiment bon pour eux. Peut-être que vos prix sont trop chers ? Un artiste de seconde zone a récemment gagné 1 million de dollars en 12 jours en divisant le prix par 4 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/230211-1-million-de-dollars-en-...

 

Si le niveau photographique est bas, et que le vôtre est meilleur, vous devriez les écraser facilement non ?

 

Tout n'est pas noir, il existe dans ces pratiquants des personnes qui non seulement fournissent un bon travail, mais respectent une étique de prix normale. Ceux-là ne font de tord à personne.
 

Pour résumé nous vivons aujourd'hui la même chose que les professionnels de l'internet en 2000, tout le monde est photographe ... ou alors ils étaient tous cachés derrière un buisson, mais forceà  est de constater que leur nombre semble exponentiel.

 

Les gens s'expriment par les blogs, équivalents de journaux devenus accessibles à tout le monde, par les forums, équivalents des débats publics devenus ouverts à tous, par le dessin, qui peut être publié maintenant sans effort, et par la photo, accessible grâce aux APNs. Les technos sont accessibles de plus en plus facilement, donc les gens s'en emparent. Ça me rappelle ceux qui se plaignent que des kikoolols viennent sur GNU/Linux et veulent du msn et du facebook.

 

Ce métier n'est aucunement régulé, et les associations comme l'UPP (Union des Photographes Professionnels, dont je fait partie) font ce qu'elles peuvent.
La comparaison la plus courante reste celle des taxis. Un métier régulé et normé, tant dans le droit d'exercice que dans les critères de nombre.
Avoir une voiture ne fait pas de toi un Taxi. A contrario, avoir un appareil photo fait de n'importe qui un photographe établi et un nième concurrent.

 

Avoir une voiture ne t'enseigne pas à conduire sous pression au plus vite et à connaître la région par cœur. Avoir un appareil photo ne t'enseigne pas comment faire de belles photos (les APNs c'est cool, on peut en faire plein donc en rater plein, ya encore de la place pour en réussir), avec une lumière correcte, un bon cadrage etc.

2- Le droit d'auteur me semble dépassé (avis contraire à la majorité des photographes qui continue de défendre bec et ongles de vieilles pratiques)

 

ça me rappelle l'industrie du divertissement :P

 

Il me semble que le droit d'auteur nécessite d'être remis au goût du jour, et surtout mis en accord avec le service rendu.
Je comprend parfaitement la réticence d'un client à payer des droits en plus d'une prestations photographique pour des photographies qui ne seront jamais génératrices de revenus commerciaux. J'ai aujourd'hui toutes les peines du monde à expliquer ce principe à mes clients.

 

Je suis d'accord.

Ce droit devrait être systématiquement rapproché d'une valeur ajoutée pour le client (publicité produit, vente d'un service). Je ne sais pas si je m'exprime clairement mais aujourd'hui ce droit est aveuglément appliqué, que le client final tire un bénéfice ou pas de l'utilisation des images, il serait logique que la rémunération du droit soit proportionnelle à la valeur générée, une sorte de commission sur un chiffre d'affaire réalisé à la manière d'un commercial. Certes c'est difficile à mesurer, pas simple à mettre en pratique, une simple idée en somme. Et puis il y a certainement des paramètres que j'ai oublié dans l'équation.
En tout cas il me parait logique de toucher plus de droit pour une image fabriquée et utilisée pour une campagne de pub Coca-Cola, que pour un commerçant local. Hors aujourd'hui, la différence de prix se fera sur la masse des supports de pub et leur nombre, non sur ce qu'elle est potentiellement capable de générer.

 

Idem.

 

3- Les micros stock
Ces entreprises (Fotolia, Istock pour les plus connues) vendent des photographies d'illustration à bas prix et laissent miroiter aux amateurs ET aux pros des gains importants sur le nombre. Cette logique ne profite en fait qu'a eux et à quelques élus qui sortent leur épingle du jeu (pour quel investissement ?). Vendre des photos a 1€ n'est ni étique, ni juste.

 

C'est qui qui met les photos sur Fotolia ? Si c'est les photographes, ils ont accepté le prix lorsqu'ils ont voulu utiliser le service, comme les utilisateurs de facebook acceptent le traitement de données que facebook fait.

 

Le problème est l'abondance de participants, ils confortent l'impression de normalité sur une pratique de vente qui ne l'est pas. De plus, et au regard de la loi, ces sociétés souvent installées au Luxembourg ou dans des pays fiscalement positifs, passent totalement outre le droit d'auteur. Une photo vendue 1€ peu ainsi se retrouver sur une grande campagne de publicité et être la source de revenus conséquents sans que son auteur n'en voit un cent de plus. Je ne trouve pas cela parfaitement normal.

La faute est aussi côté photographes, il suffirait qu'ils n'y participent pas, resterait ... les amateurs , groumph !
Une anecdote à ce sujet : Un photographe contacté par une agence pour l'achat d'une de ses photos a fait un devis. L'agence en question par pur hasard est tombé sur le profil Fotolia du photographe en question. Résultat, une vente à 1€ au lieu d'un prix juste et équilibré pour tout le monde ... Autant dire qu'il a du regretter.

 

Bah ouais mais il avait accepté, pourquoi il s'est inscrit ?

4- Crédibilité d'un savoir faire
Pour reprendre mon exemple d'internet et des années 2000, une période que je connais bien puisqu'en 1995 j'avais monté une petite agence web qui faisait aussi fournisseur d'accès internet (RTC mon amour), la technologie et l'engouement pour la photo ont donné l'impression que c'est un métier facile. Par extension une nombre conséquent de gens pensent que la facilité apparente justifie un prix très très bas. Lorsque je vois des photographes faire des offres Groupon à 20€ pour une séance studio de 2h avec retouches et tirages je reste perplexe .... çà ne paye même pas l'encre !

La "bonne nouvelle" c'est qu'ils ne survivront pas longtemps à ce rythme. :D

 

Alors ils vont disparaître tous seuls, t'as rien besoin de faire ;-)

 

Pour résumer je pense que le métier se doit d'évoluer, le monde n'est plus le même, il doit être encadré sans pour autant en devenir une forteresse. Il est d'ailleurs étonnant de constater que c'est un des seuls métier aujourd'hui qui ne présente aucune conditions à l'exercice.

 

Là ce que j'ai retiré de ton mail c'est "les amateurs font en majorité de la merde pas cher parce qu'ils ont du matos pas cher, moi je fais de la qualité chère avec du matos cher, interdisons les amateurs" Si leurs photos plaisent, tant mieux pour les amateurs. Leur boulot ne doit pas être si mal ? Ou si c'est le cas, peut-être pourrais-tu montrer aux clients la comparaison entre ton boulot et les "amateurs" ?

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En vérité je n'ai rien contre les amateurs doués ou pas tant qu'ils finissent par devenir pro à partir du moment ou ils monnayent leurs services et assument ce que cela implique. Ceci étant dit, amateur ou pas m'importe peu, je connais d'ailleurs des amateurs bien plus pro que des pros (sic).

Ce qui me gène plus en revanche, ce sont les amateurs (ceux qui n'en ont pas besoin pour vivre, pour faire simple) qui se font payer sans respecter aucune éthique ou au minimum une logique de tarifs, menés qu'il sont par la soif de reconnaissance et de flatterie à leur égo. Ce non respect est uniquement dû au fait qu'ils n'ont justement pas besoin de çà pour vivre, voilà le fond du problème.

Pour en revenir à l'exemple de l'amateur qui vend un tirage 1M$ nous sommes là hors cadre, nous entrons dans le monde feutré de l'Art ou amateur ne veut rien dire, et pro non plus. Ce monde est finalement que très peu rattaché à la réalité d'une majorité de photographes qui tentent de vivre de leur production au quotidien. La photo d'Art c'est un peu la noblesse, au sens pécunier du terme, du milieu (avec la mode).

 

 

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J'ai été "sévère" dans ma réponse au mail de S.Renault, mais il faut dire que je comprends bien aussi qu'il puisse se désoler que certaines personnes "moins scrupuleuses" ou pas au courant, effectue des travaux qui relèvent de son métier de photographe "au noir" ou sans se préoccupper plus que ça des tarifs habituellement.

Pour autant, des problèmes comme celui qu'il nous expose n'est pas si différent de ceux des entrepreneurs hors de la photographie, qui eux ne demandent pas forcément un statut spécifique ou une protection légale. 

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Je ne vois pas du tout où est le souci lorsqu'on parle de photographie, et la différence entre photographe amateur et professionnel.

On ne juge pas un artiste par rapport à sa carte ou à son appartenance à telle ou telle organisation, mais par rapport à son travail. Si un amateur fait du travail "de pro" sans en avoir le statut, je me tournerai vers lui plutôt que vers le professionnel qui fait payer très cher (il a des charges, d'accord) un travail qui ne sera pas meilleur.

Alors, régulariser le "métier" ? Mais il n'y a pas de métier. Pourquoi pas aussi régulariser le métier de peintre, de musicien, ...

Il faut faire quelque chose pour la protection des oeuvres et de leurs droits, mais indépendamment du statut de l'artiste.

Concernant les micro-stocks et autres moyens de diffusion à bas coûts... C'est la loi du marché, si du travail de qualité est vendu à 1€, c'est bien qu'un photographe a accepté de vendre à ce prix (enfin, même inférieur). On ne peut et ne doit rien y faire, d'autant plus que certains diffusent gratuitement leur travail.

Bref, ceci est un faux débat, et si j'étais médisant, je dirais que ceux qui se plaignent d'une conccurence d'amateurs doués sont ceux qui se sont cru pourvu de talent et ont espéré en vivre. Je sais, c'est méchant et dénué de fondement, pas la peine de me jeter des pierres.

Portrait de S.Renault
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Un peu Trollesque quand même comme intervention !

Pitié relisez vous, documentez vous sur le métier (si, si j'insiste !) et ses différent aspects et statuts.

Aller un indice : Photographe ne veut pas forcément dire Artiste, sinon nous serions intermittents du spectacle, ce qui m'arrangerait bien pour les Assedics ceci dit. Car dans les intermittents il y a des techniciens tout autant que des Artistes.

Tiens d'ailleurs, pour être intermittent, il faut un minimum de cachets par an pour avoir le statut ! Alors on fait quoi là ? Pourquoi des conditions d'accès au statut pour eux et pas pour les photographes ? Pourquoi diable quelqu'un a t-il mis des barrières m'empêchant de pratiquer librement ce métier au tarif qui me plait ? C'est artistique comme boulot, moi aussi je peux lire du Molière c'est facile !

Je n'a rien contre la concurrence, j'envoi même régulièrement du travail à des concurrents et amis, je déteste juste la concurrence déloyale qui elle, n'a rien à voir avec la loi du marché.
 

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Bienvenue aux Labs de l'Hadopi :D ^^

#JeSors

#JeSuisDéjàDehors

 

 

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Mais grâce à Tris, les Trolls qui viennent aux labs sont bien élevés et s'essuient les pieds en entrant !

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Mais le statut d'intermittent donne accès à des droits supplémentaires sans restreindre le droit de ceux qui ne l'ont pas. Pareil pour les journalistes.

Portrait de S.Renault
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Vrai, mais pourquoi ne pas envisager le même traitement pour les photographes pro dans ce cas ? Pourquoi une différence de traitement pour des métiers pas très différents.

Les journalistes eux doivent justifier d'une majorité de revenus issus de la Presse pour avoir leur Carte de Presse, sésame incontournable pour travailler correctement. Un amateur journaliste ne décrochera jamais une interview de célébrité, soyons franc ! Les photographes sont finalement les seuls à exercer sans justifier quoi que ce soit. Et rien ne s'est arrangé depuis l'arrivée de l'auto-entrepreneur, encore une fois même pratique, même métier, pas mêmes conditions de charges sociales ou d'exercice ...

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Statut_de_journaliste_professionnel

Montre moi que la démocracie tire bénéfice direct de la protection des photographes (hors photographes de presse peuvent je suppose demander la carte de presse), et je vote pour tout de suite !

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Ah oui, et aussi pour les peintres en bâtiment, et puis pour les artistes interprètes, et puis pour les gérants de boutique, et pour les caissiers, et les boulangers, mon dieux !

 

Portrait de TheSFReader
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"Un amateur journaliste ne décrochera jamais une interview de célébrité, soyons franc ! "

Qu'est-ce qui interdit à l'UPP de créer un label qualité, une carte  de Photographe Professionnel, et de la promouvoir comme "gage de qualité" ?

Portrait de S.Renault
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C'est déjà le cas, mais son obtention n'est conditionnée à rien si ce n'est le paiement d'une cotisation.

quand au journalisme défenseur de la démocratie, j'ai peur que tu vive dans un rêve, il est mort il y a longtemps.

Portrait de TheSFReader
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Tu postules que le photographe travaille en tant qu'artiste, ce qui n'est pas nécessairement le cas. 

Le photographe peut aussi être vu comme prestataire de service, et c'est sans doute dans ce cas qu'on peut voir le problème comme un "cassage de prix".

Ce qui ne m'empêche pas d'être plutôt d'accord avec toi.

 

Portrait de sunejee
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Bonjour à tous,

Mon principal problème avec ce "débat" est qu'il y a à peu près autant de profils et de points de vue qu'il y a de professionnels. Je vais donc me contenter de dire ce qui est mon expérience personnelle et les *vrais* problèmes que je rencontre en tant que professionnel.

- je travaille principalement sur des commandes où le client vient me chercher pour la qualité de mon travail, qui m'est propre. A ce titre, s'il vient me chercher moi, c'est que je ne suis pas interchangeable avec un autre. Certainement des considérations financières entrent en jeu à un moment donné, mais c'est mon rôle d'expliquer pourquoi je facture ce que je facture... et c'est rarement un problème. Un client qui vient me voir et souhaite me voir facturer le prix de son neveu de 14 ans, je le renvoie gentiment vers son neveu de 14 ans en lui demandant pourquoi il a souhaité se passer des services de celui-ci en premier lieu.

- quand on me fait une offre inacceptable mais que je l'accepte, c'est ma responsabilité, pas celle du client. J'ai un devoir d'information, en tant que professionnel, démarche que n'aura pas nécessairement un amateur qui dira oui à tout sans contrepartie et fera le café en plus et avec le sourire. Si un client me demande de baisser mon tarif, cela se fera au détriment de certaines prestations qui devront également être réduites. Autrement (et plus durement) formulé, si j'accepte de faire un travail à un prix dérisoire, un de nous deux sera mécontent, et il est hors de question que ce soit moi. D'où mon obligation à l'information. Si le client choisit ensuite l'amateur cheap, c'est son problème et non le mien...

- Conclusion provisoire: les amateurs ne sont pas un problème, et ne l'ont jamais été. Un client venant me voir avec des attentes de pro et un budget ridicule, c'est un client que je ne prends pas. Je lui explique la situation, libre à lui de faire son choix - il paiera probablement le prix à un moment, que ce soit le juste prix à la commande avec moi, ou à la livraison en termes d'images pour son entreprise ou ce pourquoi il venait me voir en premier lieu, qui sera certainement à la hauteur de l'amateurisme qu'on est en droit d'attendre en face.

 

MAIS puisqu'on me demande mon avis sur ce qui doit vraiment changer pour la photo (ou tout autre métier créatif du même acabit), ma réponse est SANS HESITER celle-ci: le manque d'information. A l'ère d'internet, tout le monde, même ma mère ou une mamie quelconque du cantal ou d'ailleurs, a plus ou moins intégré que télécharger illégalement une musique ou un film, c'est mal. A tel point d'ailleurs que le simple mot télécharger fait peur, même quand il est utilisé dans le contexte "j'ai téléchargé ce morceau sur iTunes" alors que ce n'est à l'origine qu'un verbe et un terme technique sans aucune connotation (en tout cas, ma mère me dit toujours "mais tu es sûr que tu as le droit"?), merci les médias et les autorités en partie (et encore, je ne parle pas de P2P et autres protocoles barbares). Les dernières pubs en vigueur sur Hadopi sont du même genre et stygmatisent le piratage des films, bouquins et musiques, soit des industries quand même bien organisées et qui ont un certain poids une fois mises en commun (à l'exception je crois du syndicat des éditeurs qui n'avait, de mémoire, rien demandé à hadopi - bref, là n'est pas le débat).

A ce jour, rien sur les photos. A mon propre niveau, ce n'est pas avec le grand public que ça coince, mais avec les professionnels. J'ai pour habitude de travailler avec des labels de disque et des acteurs du monde de la musique, qui pourtant devraient être au fait des lois sur les droits d'auteur. Il n'en est visiblement rien: le repiquage sur "google images" (bah oui, c'est encore moins cher que Fotolia, au point où on en est on ne va pas se gêner, et tant pis si l'image pointe directement sur le site d'un photographe et n'est pas sous une licence permettant mon type d'usage, tant pis si je ne respecte pas son nom et tant qu'à faire, tant pis si je modifie la photo sans autorisation), pour utilisation commerciale, devient absolument incontrolable.

Certes, il existe des lois pour cela, et elles sont par ailleurs assez simples à mettre en action quand c'est nécessaire pour peu qu'on ait bien tout verrouillé juridiquement en amont (autorisations, décharges, etc.). Mais que faire quand c'est absolument généralisé? Clairement, c'est le manque d'information qui est en cause, et rien d'autre. Nul n'est censé ignorer la loi mais bon... si la même énergie avait été utilisée pour expliquer la propriété intellectuelle dans le domaine photo que dans celui de la musique ou des films, on n'en serait pas là. A mon niveau, ce n'est pas un problème avec madame Michu "téléchargeant" mes images: c'est bien une utilisation sans droit ni titre, avec dénaturation, et non respect de mon droit moral (aka. le tiercé gagnant) que je rencontre le plus souvent, pour une utilisation directement commerciale, et pas toujours de la part de petits acteurs!

Exemple de réponse de la part de l'éditeur d'un site commercial repiquant (tiercé gagnant, comme d'habitude) une de mes photos, qu'il avait récupéré (via print screen, mon site étant en flash à l'époque et ne permettant pas d'accéder même depuis le code source aux fichiers images) sur mon site: "ce n'est pas assez clair sur votre site qu'on n'a pas le droit de voler vos photos", "c'est facile de faire de jolies photos et d'envoyer des factures ensuites", "aucun photographe ne met de photos sur son site", et ma préférée "mais enfin monsieur, tout le monde sait bien que sur internet, le droit n'existe pas"!

Certes, celui-ci comprendra son malheur dans quelques semaines lors du procès que j'ai été forcé de lui faire, mais ses réponses, quoique dans ce cas particulier excessivement agressives, violentes et arrogantes, dénotent d'un grand, grand manque d'information collectif sur le sujet.

 

Alors, si je dois résumer: plus que les amateurs ou je ne sais quel autre fléau, si une seule chose devait pour moi ressortir de ce débat, c'est la nécessité pour hadopi de mieux informer des peines encourrues en cas de piratage de TOUT TYPE de propriété intellectuelle, et pas seulement musique et cinéma. L'influence réelle des amateurs sur les vrais professionnels, ceux qui savent évoluer avec le temps et garder une approche justement professionnelle à leur métier, n'est pas un sujet. Si le prix est le seul argument, le pro est condamné (...à redevenir amateur): il doit faire valoir un savoir-faire supérieur, une qualité, quelque chose de plus, car l'amateur aura toujours l'excuse du "oui, c'est nul, mais c'est pas cher". Le pro n'a par contre pas le droit à cette excuse et doit pouvoir justifier ses prix - si par contre le pro contre-performe, il doit s'en justifier, comme partout! Mais ce ne sont pas tant les amateurs qui font baisser le tarif que les pros qui ne savent pas réagir (et s'en plaignent). Personne n'a dit que c'était un métier facile!

Les banques d'images... je connais mal, j'ai cru comprendre (via l'UPP) qu'il existait même un problème juridique à la validité de telles banques, mais je ne peux vraiment pas me prononcer plus que ce qui a déjà été dit, n'ayant aucune connaissance dans le domaine.

Pourquoi créer une instance spécifique à la photo? je veux dire, pourquoi pas, mais si le but est de créer une instance photo pour le principe de créer une instance photo, je ne vois pas l'intérêt. Ca coute cher, et si c'est pour pondre un hadopi ou prendre contrôle des réseaux un peu plus, je ne vois pas l'intérêt.

Quant au droit d'auteur, à part le fait qu'il est totalement inconnu du grand public et des professionnels non juristes, il est plutôt pas trop mal fichu, en France, comparativement à d'autres pays. Par contre, il est totalement inconnu du grand public, et plutôt que d'afficher seulement un ou deux domaines (oui je me répète) "musique" etc., pourquoi on n'a pas fait directement la publicité de toute la propriété intellectuelle à la place... ça, "mystère". C'est méconnu à tel point que lors d'une question posée aux impôts l'an dernier, j'ai obtenu 2 réponses successives opposées s'appuyant sur des articles différents soit du code des impôts soit de la propriété intellectuelle (ma société ayant successivement été considérée comme ayant-droit puis non... WTF?), j'ai finalement demandé un rescrit qui a mis... 6 mois à revenir (et confirmait le statut d'ayant droit de ma société)! Je suis à peu près certain que si ma société vendait des droits d'exploitation de musiques, le problème n'aurait pas été aussi long à traiter.

J'en profite pour poser une question ici: y en a-t-il parmi vous les pros qui ont vu la couleur de la rémunération pour copie privée? Voyons même plus large puisque nous parlons d'information (question piège): d'après vous, en tant qu'artistes indépendants, avez-vous droit à la rémunération pour copie privée? Si oui comment, et si non pourquoi?

Bonne soirée à tous!

Portrait de TheSFReader
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Bravo ! Je plussoie !

Portrait de cordesetames
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Ca c'est du post :)
Copie privée, le problème de sa répartition est un sujet brûlant et éminemment politique pour les SPRD, il en est de même pour la filière musique.
Ayant passé quelques coups de fils, une société m'a même conseillé d'appeler directement le président pour avoir des infos... Bref, on marche sur la tête, à l'heure de l'ouverture des données publiques, il serait de bon ton que certaines SPRD se mettent à la page si elles roulent vraiment avec les artistes indépendants.

Portrait de TheSFReader
Posts: 215

(Troll inside) 

il serait de bon ton que certaines SPRD se mettent à la page si elles roulent vraiment avec les artistes.

Voilà, c'est mieux comme ça non ?

Portrait de cordesetames
Posts: 6

pffffff !!!! c'est petit :-D

Portrait de kamui
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http://www.pcinpact.com/news/67205-copie-privee-projet-mitterrand-tardy.htm

 

«L’argument du temps qui passe, du temps qui presse – le régime français devant être nettoyé avant le 22 décembre – aura été secoué maintes fois. Par exemple quand Lionel Tardy défendra un amendement pour créer une nouvelle exception au droit d’auteur, la liberté de panorama en photographie. Ou quand il s’agira d’encadrer au mieux les études d’usage ou la nature préjudicielle de la copie privée afin d’éviter les évaluations "au pifomètre", pour reprendre l’expression du député de Haute-Savoie.

Tous seront rejetés.

Rejeté aussi l’amendement qui visait à faire peser sur les ayants droit le coût de la notice d’utilisation qui accompagnera les supports après le 22 décembre. Repoussé l’amendement qui devait confier aux Douanes le soin de récolter la rémunération pour les achats transfrontaliers. Enterré l’amendement qui voulait mettre son nez dans les règles de répartitions des sommes collectées entre les ayants droit. Fusillé le texte qui préconisait de nouvelles règles de majorité pour contrebalancer la suprématie des ayants droit au sein de la Commission copie privée… »

 

(c'est moi qui ai mis en gras) Où ça mène ? à des montants arbitraires dont on voit une illistration concernant les tablettes

http://www.pcinpact.com/news/68428-copie-privee-bareme-tablettes-ipad.htm

 

« Ce sont donc ces études « objectives et techniques », « actualisées régulièrement » qui permettent aujourd’hui aux ayants droit de conserver les montants sans l’ombre d’une variation. » au centime près, alors que des choses ont changé dans les règles. Pourquoi ils sont juge et partie ?

Et sérieusement, les ayant-droits voudraient que pour écouter un cd dans la chaîne hi-fi et les mp3 dans le baladeur on l'achète deux fois ? WTF ? Ya aucun préjudice ! (oui je comprends pas pourquoi elle existe)

 

 

D'ailleurs, les pros, vous pouvez être remboursés de la RCP maintenant non ? Comment ça se passe ? C'est un casse-tête administratif ou pas ?

 

Pour revenir dans le sujet de la photo, vous savez que Kodak est en difficulté, paraît qu'ils ne se sont pas adaptés au numérique, comme les maisons de disques, donc yen a qui se penchent sur le sujet pour créer une redevance sur tout support de stockage numérique, tout appareil photo numérique, etc pour soutenir la filière argentique qui n'a pas su s'adapter/subit la concurrence déloyale du umérique, une société de gestion de cette redevance pour soutenir kodak et autres/se payer des vacances en Guyane, et une Haute Autorité administrative, la HADIPA : Haute Autorité pour la Diffusion des Images et Photos Argentiques.

 

Industrie de la photographie en péril

 

Moi je dis faudrait les inviter :-)

 

Portrait de kamui
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edit : double post, sorry

Portrait de Ethanaul
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Merci de ce post très lisible et très utile.

J'en retiens surtout une chose, c'est la différence que tu fais entre le professionnel (et son expertise) et l'amateurisme, et donc la valeur ajoutée, le service rendu. Et ceci se paye. Je ne pense pas qu'une instance quelconque soit capable d'évaluer correctement cela, reste seulement le droit d'auteur, et surtout la possibilité de lutter contre le piratage de toute oeuvre. Et surtout, une éducation des utilisateurs.

Maintenant, je me permets une question de néophyte: un photographe professionnel, il photographie quoi de plus qu'un amateur ? Quelle est réellement la différence entre un mauvais pro et un amateur passionné et éclairé ? Et ce n'est pas un troll, promis. Je veux juste comprendre un milieu que je ne connais pas.

kamui57 (non vérifié)
Portrait de kamui57

Bon billet de Tristan Nitot sur la photo libre, récent :

http://standblog.org/blog/post/2012/01/11/This-photograph-is-free

il a reçu beaucoup de commentaires et a publié une réaction en mise à jour du billet, qui s'inscrit dans ce sujet amha (on dirait qu'il a fait exprès :P), ses autres billets,sont sur d'autres sujets plus informatiques en général mais intéressants aussi (standards, liberté, web, technologie).

«Update, Jan 12th, 2012

Hundreds of comments later[3], I'm revisiting this post and the issue it discusses. For the record, I understand the position of professional photographers, as explained in This photograph is not free post. I should mention that my younger brother is a pro photographer, shooting fashion here in Paris, for large publications and famous brands such as Hermès and Levi's. I don't want all pro photographers to die from starvation. I completely agree that someone can refuse to see his work reused for free. I do it myself (this post for example is not under a free license).

(…)

It's a tough world for pro photographers, but it's a great progress to see millions of people being able to do art. Thanks to the comoditization of photography (and tools that enable creativity, from music instruments to computers), we're likely to see more and better talent emerge. The downside is that average photographer will be less likely to live from their craft. I can live with that. The other option is to prevent distribution of cameras and shut down the Internet in order to come back to the "good old days" of publication scarcity. Not what I want, really.»

Portrait de TheSFReader
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Et le point de vue de Lionel Maurel (Calimaq) sur Owni sur le sujet (référence à ce thread d'ailleurs) http://owni.fr/2012/01/25/une-autre-photo-de-la-guerre-du-web/

Portrait de Tris
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Oui vu hier :)

Portrait de TheSFReader
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Et pourquoi pas remonté ici ?

Sandra (non vérifié)
Portrait de kamui57

- devrait-il y avoir une instance de régulation spécifiquement dédiée à la photographie ?

Pourquoi faire? Non, je n'en vois pas l'utilité.

- cette instance devrait-elle notamment s'intéresser aux entreprises de micro-stock de photographies ?

Là ce n'est pas une instance qui devrait s'intéresser aux micro-stocks mais tout simplement la justice française, ceux-cis permettant des transactions commerciales, jugées, en l'etat actuel du droit français, comme étant illégales.

- quelles adaptations devraient être apportées au droit d'auteur afin de correspondre aux besoins des photographes professionnels ?

En l'état, je ne vois pas bien ce dont les photographes pourraient avoir besoin "en plus" de ce qu'il existe déjà dans le CPI. Que les diffuseurs en tout genre, éditeurs, etc. n'en soient pas satisfaits et réclament plus de marge de manoeuvre avec lui c'est aisément compréhensible mais à mon niveau de photographe, il est très protecteur et je ne vois pas quoi lui rajouter.

 

Après pour ce qui est de cette "concurrence déloyale" que nous feraient les amateurs titulaires le plus souvent d'un statut d'auto-entrepreneur et qui n'auraient pas besoin de ça pour vivre, je pense que leur population peut être divisée en 2:

- Ceux qui ne sont pas bons, ceux là, quand bien même ils pratiquent des tarifs dérisoires, ne portent pas réelement ombrage à la profession, vu le peu de qualité de leur travail, et si des entreprise clientes s'en disent satisfaites, et bien ma foi c'est leur problème mais je ne vois pas en quoi il y aurait "concurrence déloyale".

- Ceux qui poseraient problème seraient donc vous l'aurez compris, ceux qui sont bons -parfois même meilleurs que certains "pros" pétris d'arrogance-. Amateur de photo et plus seulement photographe amateur, ils sont tentés dans un premier temps, de céder leurs photos a bas prix -ou pas de prix du tout- juste pour être publiés, diffusés, etc. ne jugeant pas que leur travail mérite salaire vu que c'est leur budget "loisirs" qui leur a permis de s'équiper et qu'ils ont d'autres revenus plus conventionnels pour vivre. Malgrès le plaisir qu'ils ont à faire des photos, tôt ou tard le succés de cette nouvelle popularité aidant, ou bien ils voudront s'acheter de nouveaux matériels (on est tous un peu geek) ou bien il voudront s'établir en tant que "Photographe" (notez le grand P) et donc auront des investissements à réaliser... leurs frais s'élevant ils seront donc mathématiquement obligés d'élever leurs tarifs, juste pour pouvoir travailler ! (ou condamnés à disparaître comme le faisait justement remarquer S.Renault)

Le cercle me semble donc particulièrement vertueux, nous sommes artistes, en tant que tels, chacun à le droit de faire ce qui lui plait et un "permis de photographier" (qu'il soit en terme de numerus closus, d'études à suivre, ou de pourcenage des revenus annuels) serait une grave atteinte aux libertés de l'homme de pouvoir créer ce qui lui plait (et même si c'est très moche, et même si y a personne pour acheter, ou même si au contraire il y a des cons pour payer ça très cher). La concurrence disproportionnée plutot que déloyale créée par les amateurs n'a de toutes façons pas vocation à durer (de façon individuelle en tout cas) vu que ceux-ci sont obligés d'évoluer à terme.

On peut regretter comme le disait Sunejee le manque d'information, et là il y aurait beaucoup à faire: L'UPP précédemment citée par exemple, et dont je fais partie moi aussi, proposait librement en ligne ses barêmes il y a 2 ans, ce qui permettait à n'importe quel photographe amateur/du dimanche/auto-entrepreneur de connaître les tarifs estimmés comme "honnêtes" par la profession juste en tappant "barêmes UPC" sur Google... de choisir de les appliquer ou non, certes, mais au moins de les CONNAITRE, et d'établir ses tarifs en connaissance de cause. Et bien le CA de cette même UPP à décidé l'année dernière (et contre l'avis majoritaire de ses membres, consultés par vote à main levée lors de l'assemblée générale) de rendre l'accès à ces barêmes payants, et sous format papier exclusivement, ce pour augmenter sa trésorerie en prévision "des durs combats à mener" ... est ce que ce n'etait pas là justement un important combat à mener, informer ces amateurs sur le dos de qui on casse tant de sucre, des tarifs que les pros pratiquent ??

Je suis photographe professionnel, mais quand je vois le travail fourni par certains amateurs (oui, notre code de la déontologie nous interdit de critiquer le travail d'autres collègues "pro") je me dis que résolument, c'est eux que je souhaiterai avoir pour collègues et néanmoins concurents en "pro", car le marché de l'image, de la communication visuelle et de la photographie ne pourrait qu'être plus dynamique et riche qu'aujourd'hui avec certains mamouths qui radotent à propos d'un âge d'or révolu depuis déjà quelques temps, où il suffisait à un photographe de travailler 3 jours par mois pour s'offrir la même paye qu'un chirurgien !

 

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