Quelle(s) évolution(s) pour la bande dessinée ?

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Portrait de Tris
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Avec l'avènement du Web 2.0, les blogs se sont multipliés, notamment les blogs dédiés à la bande dessinée.

Qu'est ce que le numérique change pour la bande dessinée ?

Est-ce qu'il facilite les choses pour les dessinateurs ?

 

Le support ( tablettes, ordinateurs) change -t-il quelque chose ?

Crédit photo : MASTERFILES / CULTURA / Nils Hendrik Mueller / Cultura Creative

Portrait de Sariel
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A l'origine, la meilleure méthode pour se faire connaître c'était de se fabriquer un fanzine et de courir les conventions spécialisées en espérant grapiller une base de lecteurs, voir un contrat d'édition.

Au final, la pratique n'a pas changé : on met ses dessins sur le net, et on espère ferrer le poisson. Ca commence par la base de fans, quand elle devient suffisamment importante, ça attire l'oeil d'éditeurs, dont le travail est facilité au passage vu qu'il sait d'avance si le dit-blogueur plait ou pas.

Des blogs BD, j'en dénombre trois types :

 

- Le blog de pro, à savoir dont le but ultime est de se faire publier. Prenons l'exemple de Philippe Cardona qui a déjà fait son trou dans le métier (dessinateur de foot 2 rue par exemple) : http://sentaiprod.fr/blog/ . Là ça parle dessins, ébauches, vente de planches originales etc... Le blog est à double usage : une fois connu, le blog devient plus pro, plus précis. Il ne sert plus à montrer uniquement son univers d'origine. Les fans sont également accompagnés dans les projets et les ébauches des oeuvres à venir, les conventions etc... Il devient donc une véritable vitrine du travail du dessinateur.

- Le blog collectif : le net a ceci de sympa qu'il favorise les rapprochements entre artistes ayant un univers proche ou du moins compatible. Ca leur permet de fédérer une base commune de fans, et dans certains cas de les rencontrer à des conventions (j'ai moi même participé à des rencontres avec certains, c'est comme ça que je les ai découverts) : http://vanoxymore.free.fr/loveblog/ . La plupart des dessinateurs de ce blog ont rencontré depuis un certain succès, trop occupés par leurs projets perso et certaines divergences artistiques, on note que ce blog est à l'abandon. Quelque part c'est le rêve de Van Gogh de sa communauté de 12 peintres qui devient réalité. Avec cet outil, il n'aurait pas eu que Gauguin ;)

- Le blog perso : On trouve foultitude d'amateurs qui dessinent comme passe temps, exutoire, et n'ont pas d'autres buts que de raconter leur vie. Se faire éditer, c'est pas franchement le but premier. Un exemple parfait reste celui de monsieur le chien : http://monsieur-le-chien.fr/index.php?planche=2 On note le trait simple, le sujet évident : sa vie, ou du moins ce qu'il a envie d'en raconter. Grâce à un gag qui a fait grand bruit dans sa commaunauté de fan (dont la décence m'empêche d'en donner la teneur), il s'est fait remarquer et en est à son 4e album. Mais il n'en vit pas. Du coup, le blog en reste à son but premier : dire ce qu'il a envie de dire ni plus ni moins.
 

Bref à mon sens, ça n'a pas changé grand chose, si ce n'est facilité les contacts avec le public et d'avoir une idée du succès qu'on peut avoir en tant que dessinateur/scénariste. Ca limite la prise de risque pour les éditeurs au détriment d'un engagement personnel plus important pour les dessinateurs (car ça suppose d'être relativement proche de son cénacle de fans d'origine).

Concernant le support, je ne note pas de changement majeur. Avant l'émergence des tablettes, le support (téléphone) était peu lisible et pas franchement adapté à la bd. Seuls quelques spécialistes des strips sont coutumiers des nouvelles technologies, ex : Scott Adams : http://www.dilbert.com/ . Il fournit ses dessins gratuitement sur son site et il en a fait aussi une appli Iphone et une Android. 

Mis à part les éditeurs mainstream qui cherchent à diversifier leurs revenus, je pense que la BD dans son ensemble reste dans l'imaginaire collectif de la lecture d'ado ou d'enfants. Dans la pratique, je connais peu de papa maman qui accepteraient que leurs chérubins touchent à l'ipad à 500 € de papa pour "lire une bd" quand on en trouve à 3€ au supermarché.  De même les fans d'une série plus ou moins connue sont généralement très demandeurs de la sacro sainte dédicace. Incompatible avec un support numérique

 

Reste la BD "tendance" (péchés mignons par ex) ou l'émergence de la BD girly (Pénélope Bagieu) qui se prête assez à ces supports vu qu'ils sont nés de blogs Bd et donc de NTIC.

Anonyme (non vérifié)
Portrait de Anonyme

Je suis d'accord avec ce que dit Sariel au niveau des blogs.

 

 

Pour le dessinateur le numérique (je parle pas du web) à évidemment changer la façon de bosser, même s'ils ne dessine et colorise pas tout sur ordinateur, ils controlent beaucoup plus la fabrication de la bd sans devoir passer par l'editeur pour la technique (pour avoir un bleu par exemple). Par contre si hadopi veut soutenir la création de BD, il ne faudrait pas qu'elle se mette à surveiller les torrents photoshop, ça serait désastreux pour l'économie de la BD :P

 

Pour la bd elle même, le numérique n'a pas encore changer grand chose, mais ça va venir petit à petit. Déjà ça ouvre d'autre possibilité narrative (il y a quelque expérience de temps en temps), plus interactive (je ne parle pas de la lecture automatisé d'aquafadas qui n'est que du gadget), mais qui demande des compétences techniques en programmation ou des logiciels spécifique ( je pense que c'est essenciellement pour ça qu'il n'y a pas plus d'expérimentation que ça, surtout si derrière on veut le publier autrement qu'en flash sur un site). Il y a de se côté un manque d'outils simple et accessible.

 

L'autopublication (avec un objectif de vendre) devrait elle aussi devenir de plus en plus simple, surtout avec le développement des tablettes ou les auteurs devraient pouvoir trouver un publique. Reste qu'une bd c'est très long a faire et qu'on aura plus des feuilletons que de belles bd fini d'un coup. "les autres gens" est un bon exemple d'autopublication en feuilleton, l'éditeur n'étant venu qu'après pour sortit un version papier du site.

 

Au niveau des tablettes, une bd "normal" (sans narration interactive) se lit parfaitement normalement dessus et est bien plus agréable que sur un ordinateur. Pour moi, c'est l'idéal pour une majorité de bd, et la version papier ne me donne envie que pour avoir une belle impression quand j'aime vraiment le dessin.

Malheureusement l'offre légal ne suit pas vraiment non plus pour la bd et les éditeurs ne font que des mauvais logiciel de lecture et vérouillent leur bd avec des drm. Aucun gros éditeur français ne vend ses bd au format .cbr ou .pdf, ce qui nous oblige à utilisé des logiciels spécifique (plus ou moins bien) pour la lecture au lieu du meilleur (comiczeal sur ipad).

Les tablettes aurait du aussi mettre en place des prépublications, ou publication de séries au fur et à mesure, mais bizarrement aucun éditeur ne l'as fait (throndheim l'a fait un peut avec aquafadas et sont histoire de chat, mais ça n'a pas été suivie, "les autre gens" le font sur ordi mais ce n'est pas pratique pour une tablette). Ils publient toujours par album. Seul les americains semble le faire pour les comics car c'est déjà leur façon de publié sur papier pour les comics de superhéros. Mais je ne désespère pas de voir se développer ce genre de chose.

 

Pour résumer, la bd sur numérique est encore un peu jeune, et comme les éditeurs sont frileux comme d'habitude, les changements et expérimentations restent trop rare, mais ça va venir. Et à se moment on entendra pleurer sur le piratage des bd et vous aurez les bd à surveiller en torrent en plus des films et de la musique, l'histoire se répète toujours :)

 

 

Tiens à propos, je peux demander le label PUR pour mon blog bd (qui est une plateforme de diffusion légal de mes strips et dessins) ou bien les petits ayants droit vous vous en foutez et c'est réservé au gros?

 

Portrait de Tris
Posts: 312

Hello et merci d'avoir commenté. Pour le label, envoie-nous une demande via le formulaire de contact et je transmet.

 

Portrait de Benoit Hetru
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Les blogs liés à la BD sont une chose, mais ce n'est pas le seul intérêt du numérique dans l'univers de la BD. Etant moi même un gros consommateur de BD, je dois avouer que le principal soucis qu'on rencontre avec le 9ème art, c'est l'information. Qu'est ce qui sort, quand, chez quel éditeur, à quel prix, etc ?! Mais aussi quelles sont les nouveautés, et qu'est ce qu'elles valent ?! Même en passant chaque semaine chez mon libraire, il n'est pas rare que je rate quelque chose.

Les blogs y participent, les sites des éditeurs aussi (bien que la plupart d'entre eux soient mal fichus), et à mon sens les plateformes de téléchargement (légales ou non) participent aussi énormement à la promotion de certaines BD. Après tout, je constate que mon premier réflexe chez mon libraire et d'ouvrir une BD et de la feuilleter, voir de commencer à la lire si je m'y intéresse. Ca fait partie de mon processus décisionnel. Evidemment, avec l'augmentation des ventes en ligne, qu'il s'agisse de format papier, ou de format numérique (pour le peu qu'il y a), le lecteur perd ce moyen de jauger une BD à partir d'autre chose que de la couverture, le résumé, et les quelques premières pages si l'éditeur est sympa. C'est là que le manque d'information se fait cruellement ressentir.

 

Quant à savoir ce que le numérique change pour le dessinateur (et, ne soyons pas sectaire, le scénariste, l'encreur, le coloriste, le lettreur, le traducteur et tous les autres qu'on oublie généralement), de mon point de vue (de simple consommateur), ça permet une diffusion plus large que ... que ce qu'il y avait comme possibilités avant, c'est à dire pas grand chose. Les fanzines comme le faisait remarquer Sariel, la promo pas toujours au point réalisée par les réseaux de distribution, et ... je ne vois pas quoi d'autre. On en revient au même point, le numérique facilite ici (comme ailleurs) l'échange d'information, ce qui ouvre pas mal d'opportunités.

 

Pour ce qui est de la tablette, je ne suis pas un grand fan, mais je suis un traditionnaliste notable pour ce qui est de la BD. Je note cependant un gros avantage : le gain de place. Aussi bien en terme de bibliothèque (la collection de BD tient sur l'espace disque, et pas dans une pièce de l'appartement), qu'en terme d'itinérance (plus facile par exemple de lire ses BD en voyage). Ca n'est néanmoins pas spécifique à la BD, c'est valable pour tout livre.

 

Il n'en reste pas moins qu'effectivement, les éditeurs semblent frileux, d'une part parce qu'à mon avis la plupart sont des traditionnalistes comme moi, d'autre part parce que visiblement eux aussi croient qu'une BD téléchargée est une vente perdue (ce qui à mon sens est une absurdité). Tant que cette mentalité n'aura pas évolué, on verra peu de changement sur l'offre légale. Les quelques intiatives que j'ai vues semblaient lancées par les auteurs eux-mêmes ; je pense en particulier à Freak Angels, une série publiée gratuitement sur le web avant d'être publiée sous format papier (à noter que, malgré le fait que la BD soit toujours disponible gratuitement et en intégralité sur le web, elle se vend néanmoins très bien sous format papier).

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