Tablettes ou liseuses : les dés sont-ils jetés ?

Portrait de vsonet

1,7 millions de « tablonautes » en France, contre 39 millions d’internautes et 19 millions de mobinautes. Pourquoi ces utilisateurs encore peu nombreux intéressent-ils tellement les acteurs économiques ? Par ailleurs, en ce qui concerne les liseuses, le taux de pénétration en France ne serait que de 0,2% [7] (Idate/Capital in Frenchweb.fr). Comment distingue-t-on un digital reader d’un tablonaute ?

Quelques chiffres s’imposent pour commencer

63,6 millions de tablettes tactiles multimédia ont été vendues dans le monde en 2011, soit une progression de plus de 260% par rapport à 2010. En 2012, au premier trimestre ce sont 17,4 millions des fameuses tablettes qui ont d’ores et déjà été vendues. Tous les OS et fabricants ne sont pas à égalité sur ce marché. Apple reste en tête avec ses différentes versions de l’iPad (modèles 1, 2 et 3 depuis le mois de mars 2012) : sa part de marché  s'élève à 68%, contre 54,7% au dernier trimestre 2011.  Les perspectives de croissance sont toutefois importantes pour les tablettes qui utilisent le système d’exploitation Android (OS mobile de Google que l’on retrouve dans les smartphones). Elles devraient passer de  17,2 millions de tablettes vendues en 2011 à 37,8 millions en 2012, pour atteindre près de 32% des parts de marché. Microsoft se situe de son côté à environ 4% de parts de marché. (Source : IDC, Avril 2012).[1].

Malgré une sortie tardive (en novembre 2011 aux Etats-Unis), le Kindle Fire, la tablette multimédia d’Amazon, sous OS Android, réalise déjà de belles performances aux Etats-Unis. D’après Comscore (étude publiée en avril 2012), toujours aux États-Unis, Kindle Fire a conquis la moitié du marché des tablettes en seulement quatre mois pour atteindre près de 30% du marché des tablettes sous Android en Décembre 2011 et 54,4 % en Février 2012. Au-delà, ce sont les perspectives globales des ventes de ces terminaux qui donnent le vertige : en effet d’après une étude de Forrester 375 millions de tablettes tactiles seront achetées en 2016.

Quant aux liseuses, les chiffres sont pour le moment un peu moins impressionnants. Les prévisions estiment les ventes de readers (à encre électronique) à 2 millions d'exemplaires, un chiffre très décevant par rapport aux 9 millions qui avaient clos 2011 [2]. Pourquoi une telle différence ? Peut-être, en raison de la polyvalence des tablettes qui séduit les utilisateurs.

Les tablonautes, une cible à fort pouvoir d’achat

68% sont des hommes. 59% sont des personnes demeurant dans un secteur urbain, 53% font partie de catégories socioprofessionnelles dites supérieures (CSP+). 33% des utilisateurs sont âgés de 35 à 49 ans (Médiamétrie, 19 avril 2 »012). La lecture numérique semble pour l’heure d’abord concerner des « early adopters » aux revenus relativement élevés.

Quelles sont leurs pratiques? D’après la toute récente étude de Médiamétrie (Avril 2012) au 4ème trimestre 2011, certains internautes se sont connectés via leur iPad près de 200 fois à des applications et ont vu 4 300 pages de sites. Ainsi en ce seul dernier trimestre 2011, 98% des utilisateurs d’iPad ont visité au moins un site Internet, pour une moyenne de 4331 pages vues par visiteur. 96% des possesseurs d’iPad ont utilisé au moins une application connectée. Médiamétrie recense 186 425 sessions sur les applications et 191 sessions par visiteur sur les applications.

Le domicile reste de loin le lieu favori des utilisations (92%). La tablette est également plus partagée que le smartphone. Si 43% des utilisateurs ne partagent pas, pour 33% d’entre eux, l’iPad passe entre les mains de 2 personnes du foyer et entre celles de 3 personnes ou plus pour 24% des utilisateurs.

Tablette ou liseuse : des usages différents ?

La différence entre la tablette et les liseuses est sûrement à chercher dans la palette des activités que la première autorise. Quand la liseuse permet la lecture et le stockage de plusieurs milliers de livres et de magazines, la tablette est la star du divertissement, de la recherche et des réseaux sociaux, mais également de l’actualité, des informations, des jeux et des achats. (Médiamétrie, 29 mars 2012). Il est d’ailleurs très intéressant de se pencher sur les marques qui culminent dans les usages de tablette : Youtube, Wimeo, Wat.Tv, iTunes, Tf1, Canal+, France Télévision, Dailymotion, Allociné, M6, Gameloft… des services largement audiovisuels que la liseuse ne fournit pas.

La petite enquête d’Hubert Guillaud est pour cela instructive: « Ce que j’en retiens pour ma part. C’est qu’il y a des fonctionnalités qui finalement marchent assez mal sur les liseuses. Elles apparaissent très bien, car les utilisateurs montrent assez vite qu’ils ne les utilisent finalement pas ou très peu. Est-ce lié à un défaut de conception ? Peut-on les améliorer et améliorer leur taux d’utilisation ? Ou n’ont-elles finalement aucun intérêt ? Il est plus difficile de trancher, car il y a toujours une grande variété d’utilisateurs : il n’y a pas de modèle unique de lecteur, comme l’explique très bien Nicolas Nova dans son livre sur Les flops technologiques »[3]
L’enquête relève en outre que les fonctionnalités des liseuses demeurent sous-exploitées (la moitié des utilisateurs n’utiliseraient que moins de 20% de la mémoire de leur e.reader).

Entre « objet parfait » et « second écran »

Les difficultés rencontrées par les liseuses à s’imposer dans les usages peuvent peut-être s’expliquer –entre autre- par le fait que le livre – papier – était déjà un objet très abouti. En ce sens l’analyse de M. Benlekehal [4] nous semble tout à fait pertinente. Pour l’auteur, l'apparition du livre numérique, génère de nombreux questionnements. Le livre classique est considéré comme un objet technique quasiment parfait. Plus ou moins léger, il est mobile à l'extrême, a une durée de vie quasiment infinie et est le fruit de connexions socio-culturelles très nombreuses : communautés de lecteurs, critiques littéraires voir même le prêt entre amis sont autant de manifestations sociales qui découlent du livre. Il est possible d'écrire sur un livre, d'annoter, de souligner ou de surligner, de corner une page ou d'y apposer un marque-page. Son économie est rodée depuis plusieurs décennies : prix unique du livre, vente/achat de livres d'occasions. L'objet en lui-même peut être parfois considéré comme un œuvre d'art, en sus de l'œuvre d'art littéraire qu'il contient : ouvrages à la reliure soignée, enluminures pour les anciens livres, papier de haute qualité (comme les ouvrages de la Pléiade). Techniquement, le livre est un objet qui n'a quasiment aucun défaut. Or parallèlement à cela, l’offre de livres numériques apparaît – aux lecteurs potentiels aussi bien qu’aux lecteurs de livres numériques – non seulement trop chère comparativement aux éditions papiers, mais aussi trop peu étoffée. Des éléments qui font dire à l’étude d’Opinion Way que 90% des non lecteurs de livres numériques (soit 95% de l’échantillon) n’envisagent pas de le devenir ! [8].

En parallèle, se développe avec la tablette le phénomène du deuxième écran. D’après Antonio Grigolini, responsable stratégie de marques de France Télévisions, à la question « Qu’est-ce que vous faites pendant que vous regardez la télévision ? », la première réponse est, bien sûr : « social networking ». L’usage des réseaux sociaux devance nettement « lire la presse », « appeler ou envoyer des texto via son téléphone mobile », et même « surfer sur Internet » (in Scherer E., Meta Media #2, Automne Hiver 2011-2012]

Ainsi les réseaux sociaux deviendraient les associés  incontournables de la télévision, et avec eux les tablettes multimédia. Le binôme apparaît relativement efficace : les conversations autour des programmes seraient susceptibles d’augmenter l’engagement des téléspectateurs à l’heure où les chaînes bataillent pour trouver de nouveaux modèles économiques face à la fragmentation des audiences [5].

La montée de la « Social TV »

Si le  président  Obama  mobilise  depuis  longtemps  les réseaux sociaux, voici que chez nous aussi, la Social TV s’invite dans la politique. Le débat du 2 mai 2012, pour l’entre-deux tour des élections présidentielles a déchainé, sur Twitter, les passions des téléspectateurs qui commentaient en direct les échanges des deux candidats … et les performances des journalistes sur le plateau ! Le hashtag #LeDebat a rassemblé des milliers de tweets en quelques heures. Et le quidam pouvait lire et commenter les réactions de chroniqueurs célèbres, de « people » et même de membres des équipes de campagne des deux combattants.

Pour Pascal Lechevallier, le verdict apparaît sans appel : « L’élection présidentielle et le succès planétaire de The Voice ont prouvé une fois de plus que la TV ne pouvait plus se passer des réseaux sociaux, surtout de Twitter. Les # (hashtag) ont envahi les écrans et plus une émission événementielle ne se déroule sans que la TL (Time Line) ne s’affole, croulant sous des tonnes de LT (Live Tweets) échangés par des milliers de Twittos passionnés, voire déchaînés.» (15 mai 2012) [6]. Or, la tablette permet ces usages, mais pas la liseuse. Une victoire de la tablette ? Pas si sûr, selon F. Taillandier : « On peut bien sûr imaginer que la France résistera au livre numérique au nom d'une culture différente, mais il est plus probable que les choses se mettent à changer, que l'offre se structure, que les fabricants innovent, que les éditeurs finissent pas accepter de baisser les prix, que le catalogue se développe fortement, et que les fabricants de matériel arrivent à séduire à grands renforts de publicité et de marketing. Imaginez simplement qu'Amazon (ou un autre) décide dans quelques temps d'offrir son lecteur en contrepartie d'un abonnement de quelques euros par mois donnant accès à un catalogue important ? 90% des Français resteraient-ils hermétiques ? » (CNETfrance, 22 mars 2012). Ce sont peut-être des positionnements bien distincts entre tablettes et liseuses qui se dégageront.

Notes

[1] En 2012, Apple devrait demeurer le leader du marché avec 72,9 millions des livraisons mondiales soit 61% du marché. L’iPad représente par ailleurs 95% du trafic web généré sur les tablettes tactiles. La deuxième tablette du marché est la Samsung Galaxy Tab. (Chitika Insights, Avril 2012).
[2] Sources E-reader.info / Digitimes 5 mars 2012
[3] http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/19/usages-des-liseuses-2/
[4] BENLEKEHAL Mehdi, université Paris III, Sorbonne Nouvelle, Mémoire de Master.
[5] La « Social TV » permet aux chaînes de garder le contact avec le téléspectateur  entre deux diffusions par exemple (outils de participation, enrichissement des contenus par des bonus…)
[6] http://www.zdnet.fr/blogs/digital-home-revolution/social-tv-les-cha-nes-tv-partent-a-la-chasse-aux-twittos-39771723.htm
[7] Idate/Capital in Frenchweb.fr – 13 mars 2012.
[8] http://www.opinion-way.com/pdf/opinionway_barometre_des_usages_du_livre_numerique_-_vague_1.pdf

Sources et webographie

Cabinet IDC, Avril 2012
Forrester, Avril 2012
http://leo.hypotheses.org/7860 : http://www.archive.org/details/bienvault_uecleo-2011
http://beta.zyyne.com/zyyne/1282.pdf
http://www.netpublic.fr/2012/03/usages-tablettes-tactiles-france/
http://www.blogdumoderateur.com/index.php/post/etude-usages-tablettes-en-france
http://paidcontent.org/2012/03/20/419-top-kindle-fire-activity-reading-e-books-says-citi/
http://www.mediametrie.fr/internet/communiques/premiers-resultats-de-la-mesure-automatique-des-usages-sur-tablettes-ipad-en-mai-2012.php?id=642
http://www.journaldunet.com/ebusiness/internet-mobile/usages-tablettes/
http://www.slideshare.net/RFONNIER/les-usages-associs-aux-tablettes-tactiles-geste-mediametrie-mars-2012
http://www.mediametrie.fr/webmail/download/Mediametrie_PanelTablettes_ConferenceGESTE290312.pdf
http://leo.hypotheses.org/7860
http://www.actualitte.com/actualite/lecture-numerique/lecteurs-ebook/les-ventes-de-readers-en-berne-la-faute-aux-tablettes-32489.htm
http://www.cnetfrance.fr/news/90-des-francais-refractaires-a-l-ebookpour-l-instant-39769918.htm

Crédit photo : Beau Lark / MASTERFILE

Commentaires

Portrait de TheSFReader

Très intéressant article, mais j'ai juste un GROS problème : pour moi (lecteur et possesseur de liseuse), la problématique a été prise "à l'envers".

 

En fait, le seul bon moyen de la traiter est de partir de votre conclusion : "Ce sont peut-être des positionnements bien distincts entre tablettes et liseuses qui se dégageront."

 

C'est justement un positionnement bien distinct qui est à la source des différences entre les deux "concepts" : La liseuse est positionnée très prioritairement pour répondre au besoin de lecture, en remplacement le plus fidèle possible du format "poche" du livre papier. 

 

Que ce soit au niveau du poids, de l'autonomie, de la mobilité, du rendu (quel que soit l'éclairage), mais aussi du prix (même si encore on est loin du prix du poche, on n'est qu'au prix de 5 livres grand formats). C'est un ensemble de facteurs qui différencient largement la liseuse de la tablette.

 

La tablette pour sa part revendique l'interactivité, la taille d'écran, la couleur, et les usages multiples, qui entraînent poids, prix, autonomie plus faible etc. 

 

A mon avis, il est plus probable qu'il y ait convergence des deux "concepts", avec la tablette gagnant du terrain sur les points forts de la liseuse. Mais en attendant, celle-ci a encore de beau jours devant elle.

 

Enfin, un des points que vous faites concerne l'objet livre "classique". Désolé, mais si c'est un objet "parfait", la liseuse offre des possibilités supplémentaires !

Annotations ? J'annote bien plus mes livres numériques que je ne le faisait avec leur version papier, entre autre parce que je peux le faire sans "dégrader" celui-ci. De plus, la navigation dans ces annotations est bien plus facile, ainsi que la recherche dans le texte.

 

Alors oui, l'offre numérique (francophone), n'est pas encore attractive, mais elle le devient progressivement. Et avec l'étoffage de cette offre viendra un public différent. 

 

Et puis comparer les ventes d'un produit à usage dédié à un autre plus général, c'est nier tous les utilisateurs qui achètent le second sans aucune intention de l'utiliser dans cet usage.

 

Bref, beaucoup d'interrogations, mais qui toutes tombent à mon avis à coté de la plaque. Mais je l'avoue, je suis partial puisque faisant partie de ces gens qui n'ont rien compris aux tablettes... ou plutôt qui ne voient pas en quoi elles seraient plus agréables pour la lecture que la liseuse, ce pour quoi j'ai acheté plusieurs de celles-ci. 

 

Bref usage différent, choix différent. Pas besoin de chercher une guerre ou un choix là où il n'y en a pas.

(PS : Je suis bien sûr largement ouvert à discussion ! n'hésitez surtout pas à me contredire ...)

Portrait de cwicket

Ben c'est un peu dur de contredire parceque je suis plutôt d'accord avec lui. Mais je pense qu'on peut trouver matière à pseudo polémiquer.

En fait il suffit juste de regarder le public cible du marché tablettes et le public cible du marché liseuse : Pour ce dernier la population attirée par ce type de matériel correspond grosso modo à nos parents et surtout grands parents , moyenne d'age 50-60 ans pour commencer, qui n'est pas aussi "geek" que nous pouvons l'être et qui cherchera une tablette "simple" pour lire simplement des documents texte, encyclopédie etc...

Et pour le reste de la population, on y trouvera un public assez large, aux usages tout aussi large, qui recherche à travers sa tablette un moyen d'accèder à du contenu en ligne, pour les plus professionnel d'entre eux , la tablette se doit d'être connectée en 3G, simple d'utilisation, interface simple, avec le plus d'application pratiques pour leur démonstrations (ce que ne permet ps la simple liseuse)

 

Il y a aussi la population geek qui souhaite le gadget dernier cri pour faire mumuse aussi ne nous leurrons pas...

 

Mais bref revenos au "match" simple dame entre la tablette et la liseuse. J'aurai tendance à penser que la liseuse n'est faite que pour un marché "de niche" alors que la tablette s'adresse à un large public... sauf peut être sur le prix d'achat.. mais quand on aime on ne compte pas et on est prêt à se ruiner comme pour un smartphone. le CONsommateur dans toute sa splendeur...

 

Bref je  ne pense pas que la liseuse va finir ses jours du moins pas tout de suite, mais son mode de diffusion risque lui par contre de se restreindre au profit de la tablette...

 

Voilà j'ai pas réussi à contredire SFRreader.... je suis tout triste... :)

Portrait de TheSFReader

Aller, moi j'vais pas te contredire non plus, mais juste compléter ton marché cible : au delà des "séniors", il y a aussi les (moins nombreux il est vrai) "gros lecteurs", (oui, ça c'est moi). Pour certains, l'objet papier est encore important, mais pour d'autres, c'est l'activité lecture, le "lire" et non le "livre" qui compte. Pour ceux là, c'est clairement la liseuse qui gagne.

 

Tiens, si, un petit oublié de cette lutte mise en avant par vsonet : le smartphone ! Plus portable et mobile (par définition) que la liseuse et tablette, j'ai cru comprendre que certains les préférait, par exemple pour les transports en commun.

 

Et c'est là d'ailleurs une force de l'offre d'Amazon  (flute, encore à les encenser, alors que je les boycotte): leur système de synchronisation transparente qui permet de retrouver sa lecture là où on en est, même après avoir changé d'appareil ! (Allez, les autres, faut faire pareil !)

Portrait de vsonet

Je suis d'accord qu'il était possible d'attaquer le sujet par l'envers c'est à dire par la problématique des positionnements. Mais d'autres angles d'attaques sont possibles.... comme ceux du marché et des usages. 

je suis d'accord avec vous que ceux pour qui la pratique de la lecture est supérieure à la posssesion de l'objet livre peuvent être une clientèle cible pour les liseuses... on peut toutefois suggérer qu'une autre part de la population ne dépensera pas 100 ou 200 euros dans un objet qui n'offre qu'une unique pratique -certes "augmentée"- contre une tablette multimédia qui saura remplacer liseuse,  radio, ordinateur, console de jeu, télévision ... pour les usages courants et connectés et qui pourra être partagée par l'ensemble des membres du foyer. 

Par ailleurs, si on raisonne du coté des acteur économiques... il me semble pouvoir dire sans trop prendre de risques que la manne financière que représentent les tablettes est bien supérieure à celle de la liseuse (achat d'appli, achat de la tablette, achat et location de contenus et de services, abonnement à des forfaits 3G...; un grand nombre d'acteurs est concerné de l'équipementier à l'opérateur mobile, en passant par les éditeurs). Il semble donc relativement legitime pour ces acteurs qu'ils favorisent le developpement de la tablette au détriment de celui de la liseuse. Une belle preuve eut d'ailleurs est retenue dans la diversification de Kindle .... vers la tablette ! avec son Kindle Fire qui bat des records de vente aux Etats Unis où le marché du livre numérique est pourtant bien plus développé que dans notre cher hexagone. 

Mais en effet, il restera surement un marché pour les amateurs "du lire"

Portrait de TheSFReader

Certes, mais on ne peut pas comparer une liseuse à 100-150 € à une tablette à 250€-600€. 

Vous en voyez beaucoup des comparatifs vélo-moto ? ou moto-voiture ?

Non. Ce sont des produits complètement différents, même s'ils partagent un même usage.

Portrait de vsonet

 

si je comprends bien votre rancoeur depuis votre premier commentaire, j'ai peché par comparaison interdite ? 

 dans un autre genre de comparatif plus adapté et raisonnable je vois quelques usagers comparer avant d'acheter : Feature Phone / Smartphone..... seulement téléphoner sur un ecran couleur ou avoir accès à une large palette de services, de contenus et d'appli ? dans un terminal de taille sensiblement identique. pour un écart de prix qui demande -certes- un arbitrage économique mais qui vaut la peine d'être pesé (à plus forte raison lorsque les-dits terminaux sont subventionnés par les opérateurs mobiles, comme peuvent l'être les tablettes)

par ailleurs, au prix du Kindle Fire (199 $, je vous l'arrondis à 160€) ....  votre velo pourrait se mettre à tourner au Super ;)

mais peut-être doit-on ramener dans le débat notre vieil ami le marketing.... ce genre de choses qui donnent envie d'acquerir des appareils dont nous n'avons pas forcément besoin et dont nous n'utiliserons que 10% des capacités.... mais qui font craquer tout bon consommateur par la simple évocation de leur POTENTIEL. 

Je comprends votre point de vue en tant qu'acheteur "éclairé" qui sait ce dont il a besoin pour ses pratiques spécifiques. Mais combien de familles se sont posées la question à Noël, à la fete des meres et aujourd'hui à quelques jours de la fete des pères... "on lui prend une tablette ou une liseuse?" 

"ben une liseuse c'est moins cher... mais il ne pourra que lire dessus"....

réponse à l'ouverture du paquet !

 

Portrait de TheSFReader

 

Rancoeur, le mot est fort et présume une hostilité que je n'ai pas... 

 

Le Kindle Fire c'est un vélo électrique, à la grande limite une mobylette ;-) 

 

Ce que je tentais d'exprimer, c'est que, d'après moi, la proposition que vous faisiez ne présente la liseuse que comme un sous-produit, une tablette "castrée" pour être plus économique, alors qu'elle est supérieure à la tablette sur un nombre de points non négligeable, qui justifient à eux seuls ce "marché" séparé.

Portrait de vsonet

je vous suis mieux et du coup, je suis plutôt d'accord ;)

(même si je reste assez convaincue que les acteurs économiques parties prenantes de ces marchés font tout pour brouiller les pistes et orienter les achats vers ce qui génerera le plus de profits -mais je pense que nous pouvons trouver un terrain d'entente sur ce point-)

et allons pour le kindle-mobylette ! le compromis me va bien 

Portrait de Muetdhiver

Bonjour,

la liseuse reste un outil en devenir car imparfait technologiquement (la plupart buggent joyeusement lorsqu'elles sont lourdement chargées en documents ; la saisie de notes et l'ergonomie restent perfectibles ; le rafraichissement de l'écran peut être pénible ; le produit est lent...).

L'une des applications les plus évidentes pour les liseuses reste la lecture de PDF, qui reste pénible sur écran ou sur tablette (lourdeur, chaleur, batterie, rayonnement...). Mais à l'inverse lire des PDF sur liseuse nécessite un écran de type A4, ce que ne propose pas le marché (un prototype a été présenté en 2008 mais la société a été rachetée par un éditeur américain qui a semble-t-il enterré le projet).

Pourtant cela répond à un véritable besoin ; la lecture professionnelle reste encore trop souvent publiée au format PDF et bien sûr cela permettrait de lire également bien d'autres choses (livres, BD, etc.).  Il reste encore beaucoup d'efforts à faire sur ces produits, sur la taille en premier lieu, sur la résistance logicielle lors de l'import de fortes capacités de documents, sur la capacité à lire tous les formats, sur le caractère automatisé d'une synchronisation wifi des documents avec une tablette ou un PC, (sans doute préférable techniquement à la 3G) ou par USB, sur le rafraîchissement des pages, sur la synchronisation des notes, sur l'apport de la couleur, sur le copier/coller immédiat vers une tablette (Bluetooth, wifi), sur l'existence en standard d'une riche bibliothèque des classiques libres de droits (pour être clair par exemple Racine, Molière, La Fontaine, etc)...

Pour des raisons technologiques et de form factor les deux outils risquent de mon point de vue à la fois de converger et de rester séparés :

- la liseuse taille A4 très légère à très grande autonomie, dédiée à la lecture. La liseuse fonctionnant alors soit de façon autonome (les notes sont stockées en attendant d'être synchronisées) ou mieux en complément de la tablette qui sert alors de calepin "connecté" au livre (copier/coller, indexation des notes par rapport au livre lui-même également copié et synchronisé sur la tablette). Ce dernier usage me paraît au fond bien plus pertinent qu'une prise de note sur la liseuse, qui ne sera toujours qu'un pis-aller en terme d'ergonomie. La liseuse devrait pouvoir envoyer un tag à la tablette indiquant à quel paragraphe du livre la note fait allusion.

- la tablette qui pour des raisons de confort d'usage, et de poids, resterait plus petite, avec l'avantage d'être puissante et mieux communiquante (3G, etc.) (pouvant intégrer également des fonctions de text to speech, de reconnaissance manuscrite, etc) mais qui sera peut-être à terme munie d'un écran eink ? Mais dans ce cas ce produit restera longtemps plus lourd et plus petit qu'une tablette et donc inutilisable pour le PDF.

Avec un tel dispositif on comprend que la liseuse ne sera pas utilisée pour travailler, ni la tablette pour lire... sauf en "secours".

Ceux qui utilent au quotidien deux écrans sur leur PC voient sans doute mieux ce que je veux dire...

Portrait de marianne_s

Bonjour,


Merci pour votre commentaire. Et que pensez-vous des formats hybrides, qui font à la fois tablette et téléphone?

Portrait de Muetdhiver

Bonjour,

il me semble important de préciser d'abord que je suis un sédentaire ; je n'utilise pas ces outils dans le métro (mais un peu dans le train et pas mal en voiture). Votre question en contient deux :

- qu'apporte la tablette au téléphone ? Pouvoir accéder et répondre aux mails, aux réseaux sociaux, à des apps (météo, bourse, journeaux, etc.) et accéder plus ou moins au web de manière lente, pénible inadaptée... Les formats hybrides permettent de mieux surfer sur le web (mais je pense tout de même que cela ne vaudra jamais une machine puissante type PC connectée à une bande large de type câble ou ADSL). Les formats hybrides ne permettent toujours pas d'accéder correctement au pdf.

- à l'inverse, qu'apporte le téléphone à la tablette ? Téléphoner avec une tablette c'est joli dans les clips publicitaires mais en réalité... ce n'est sans doute pas bien pratique. Intégrer le téléphone à la tablette ne présente pour moi que très peu d'intérêt dans la mesure où si je peux sortir sans tablette (!) en général je prends toujours mon téléphone, y compris avec la tablette. La tablette-téléphone hybride fait donc double emploi. Je préfère accéder à la voix par un vrai téléphone (plus petit, moins fragile...), aux données par la tablette via le téléphone et une liaison wifi.

Pour moi donc le format hybride ne présente pas d'intérêt. J'ajoute que sans vouloir introduire un troll la tablette va aller sur mes genoux, pendant un certain temps, et je préfère qu'il y ait là du wifi relié à mon téléphone un peu plus loin qui lui irradie en micro-ondes et électromagnétisme à plein volume. Après, la tablette hybride peut aussi peut-être exister en tant que base réseau d'une oreillette améliorée... mais cela veut dire trimballer sa tablette partout ce qui ne me paraît pas du tout pratique...

 

Portrait de marianne_s

Merci pour votre réponse. Par ailleurs pour info, voici un lien vers un communiqué de presse GFK du 26 avril 2012 qui indique notamment que les tablettes sont surtout utilisées à domicile (ce qui peut aller dans le sens de l'usage déconnecté téléphone/ tablette dont vous parliez) :


http://www.gfkrt.com/imperia/md/content/rt-france/cp_gfkafp_etude_rec__usage_des_tablettes_tactiles_france_avril2012.pdf

Portrait de TheSFReader

Pour moi, les tablettes s'implantent au bout d'un chemin défriché par les Netbooks : l'ordinateur personnel "de salon", qu'on consulte dans son lit ou son canapé, ce qui correspond effectivement aux remarque au dessus...

Portrait de TheSFReader

Juste un lien vers un article http://www.actualitte.com/actualite/lecture-numerique/tablettes/tablettes-et-ebooks-une-alchimie-qui-ne-fonctionne-pas-bien-35194.htm

qui appuie au moins pour le moment ma thèse des marchés bien séparés/distincts.

Portrait de PetitePomme

je suis tout à fait d'accord avec ce positionnement très distinct. Je ne vois pas comment quelqu'un qui souhaite lire des livres numériques pourrait en venir à acheter une tablette : c'est grand, c'est lourd, c'est fragile, ça risque d'être volé dans les transports en commun, ça doit être rechargé tous les deux jours, autant s'acheter une tablette pour aller sur le net depuis son canapé et continuer à lire des livres papier. Avez vous déjà lu un livre de 200 pages équivalent papier sur iPad ? Vous ne le referrez sans doute pas après!

Personnellement, j'ai un ordinateur, un smartphone, une tablette et une liseuse et je n'en ai absolument pas les mêmes utilisations. Le seul recoupement d'usages se fait entre l'ordinateur et la tablette, certainement pas entre tablette et liseuse !

Portrait de Anonyme

Vous avez déjà essayer de lire au lit avec une tablette de 600g ? A part Schwarzy... m'enfin il doit pas beaucoup lire...