Le 9ème art prend sa place dans l’économie numérique

Portrait de vsonet

La bande dessinée, comme d’autres domaines de l’édition, se décline sur le web. Deux formes sont à distinguer : la bande dessinée « numérique » et la bande dessinée « en ligne ». Les logiques économiques sont pour l’heure bien distinctes.

N’est pas « En ligne » qui veut

La bande dessinée en ligne est une bande dessinée créée pour une publication sur Internet. Sa spécificité tient au fait qu’elle peut être autoéditée. Les exemples actuels les plus courants sont les blogs de bandes dessinées. Parmi les plus célèbres, nombreux d’entre nous connaissent et suivent régulièrement les aventures et créations de Boulet dans ses Notes [http://www.bouletcorp.com/], ou encore de Pénélope Jolicoeur [http://www.penelope-jolicoeur.com/], qui accumulent jusqu’à 30 000 connexions par jour [1]. A l’origine, ces bandes dessinées, sous formes de feuilletons ou de journaux intimes, n’ont pas d’avatar dans le monde physique. Une Mention Spéciale du festival international de la bande dessinée d’Angoulême leur est même dédiée, le Prix de la Révélation Blog. On trouve également quelques BD enrichies ou interactives.
La bande dessinée numérique, pour sa part, est la version numérisée de volumes ou de séries préalablement édités de manière traditionnelle, en version papier, et commercialisées dans le circuit classique de distribution. Numérisées, elles deviennent alors disponibles sur des plateformes de vente et de lecture en ligne. La BD numérique est au 9ème Art ce que la VOD est au 7ème : une version différente du produit, au sens économique du terme.


Des logiques économiques distinctes

La bande dessinée numérique bénéficie de plusieurs modes de distribution. L’éditeur, peut la distribuer sur son propre réseau, la mettre à disposition sur des plateformes de livres numériques ou encore sur des plateformes dédiées de BD à la demande.
IZNEO, plateforme du groupe Media-Participation [un des groupes d’édition de BD les plus importants économiquement, qui rassemble des filiales telles que Dargaud, Kana, Dupuis, Blake et Mortimer…]  propose différentes formules de commercialisation des contenus : de la location temporaire (1 album, 10 jours d’accès pour 1,99€), l’accès permanent (1 album, à partir de 4, 99€) ou encore l’accès à 15 BDs pour un forfait de 9,99€ par mois. On retrouve ici les mêmes ressorts économiques que dans le domaine de l’audiovisuel avec les plateformes de VOD, ou dans celui de la musique. L’intérêt de ce modèle réside selon nous dans sa tarification, les prix étant bien inférieurs à ceux de l’achat d’un volume en librairie. Les prix et les périodes d’accès (10 jours minimum contre 48h pour la VOD) sont en tout cas en mesure de convaincre les lecteurs et de les détourner d’alternatives moins « légales » d’acquisition ou de lecture de ces titres. DIGIBIDI propose également un modèle de type VOD avec des offres de location de 72h et des offres d’achat définitif. Sur ce marché, l’on trouve également les vendeurs de presse, comme leKiosque.fr ou Relay.com (Sites de ventes de magazines numériques à l’unité ou au forfait).


Un marché encore balbutiant malgré la multiplication des supports

L’intérêt de ce mode de distribution réside dans la déclinaison possible sur une large palette de supports, et notamment sur les terminaux mobiles comme les smartphones et bien entendu les tablettes et les liseuses ; si tant est que les formats soient compatibles avec les logiciels propriétaires embarqués. Ainsi, étant donnée la large diffusion en France des terminaux mobiles, plusieurs acteurs se sont lancés dans la déclinaison de BD pour les plateformes mobiles. C’est le cas par exemple de AQUAFADAS [2] avec sa marque AVE !COMICS. Les bandes dessinées numériques sont commercialisées sous la forme d’applications sur les AppMarket des différents OS mobile, principalement l’AppStore et l’Androïd Market. Pour un titre comme Lanfeust des Etoiles par exemple, si l’application iPhone est gratuite et vous permet de lire quelques pages de la BD et de découvrir quelques animations, il vous faudra repasser par l’AppStore et débourser 4,99€. Que la lecture se fasse sur un ordinateur, une tablette, une liseuse ou un smartphone, le marché reste encore très mineur, comme le montre le rapport annuel de l’ACBD [Association des critiques et journalistes de bande dessinée] pour 2011: « En ce qui concerne la lecture des œuvres numériques, la situation stagne sur le territoire francophone européen. Une étude du CNL, publiée en mars 2010, confirme que le public du livre numérique est encore très réduit : toujours 5% des Français, et seulement 0,25%, utilisant un terminal dédié. Si la numérisation du livre paraît irréversible, ce mouvement est freiné par un fort attachement au contenant et par un phénomène générationnel : le grand lecteur de livres n'est pas encore un « digital native ». [http://www.acbd.fr/images/stories/ACBD_BILAN_2011.pdf] Le récent Baromètre SOFIA/SNE/SGDL sur les usages du livre numérique montre cependant que « la majorité des lecteurs de livres numériques sont déjà de gros lecteurs de livres imprimés » [Communiqué de presse SOFIA/SNE/SGDL du 16 mars 2012], ce qui permet d’envisager un développement important des usages de lecture numérique à l’avenir.


En ce qui concerne la BD en ligne, le modèle économique est plus problématique dans le sens où, souvent auto-éditeurs, les auteurs ne bénéficient ni de financement préalable, ni du soutien logistique ou marketing d’un éditeur professionnel pour assurer la promotion et la vente. Ces BDs sont très majoritairement gratuites. En outre, les blogs ou les sites qui les hébergent ne contiennent pas de publicité. Il s’agit d’une modèle « économique » non monétaire. Mais l’absence d’espaces publicitaires ou d’autres sources de revenus annihilent les possibilités de recourir à ces subventions croisées, pour financer la production des contenus.  Nous avons donc affaire à une pure économie du « gratuit », dans laquelle le lecteur [consommateur] ne paie rien, ni tout de suite ni plus tard ! A quoi marche donc ce modèle ? A la réputation et à la popularité. L’objectif ? Créer, partager, séduire et fidéliser un nombre suffisant d’internautes, non pas pour leur vendre par ailleurs un exemplaire papier en librairie, mais pour augmenter leur propre valeur auprès d’un éditeur susceptible de leur signer un contrat. Les internautes et les fans, par leur nombre peuvent alors devenir eux-mêmes l’indice de « qualité » et de « préférence ». Cette « audience » n’est pas proposée à un annonceur comme dans le modèle traditionnel des médias, construit sur des marchés dits bifaces, mais à l’éditeur. Ce dernier bénéficie alors d’un parc de clients potentiels importants, connaissant déjà très bien l’auteur et ses créations et auprès desquels les actions de promotion seront forcément réduites. En outre, nés « dans le web », ces auteurs en maîtrisent les outils et sont capables d’animer seuls leur communauté en ligne, d’assurer la promotion de leurs volumes sur leur site. Autant de frais potentiellement externalisés pour l’éditeur. Autres coûts externalisés, le développement. L’édition de planches déjà produites peut encore réduire le travail de l’éditeur aux aspects logistiques de la « matérialisation » des contenus. [analyse s’appuyant sur l’ouvrage des Labs Hadopi « L’auteur au temps du numérique », http://labs.hadopi.fr/actualites/lauteur-au-temps-du-numerique]
Toutefois, ce modèle n’est pas le seul. Le marché anglo-saxon notamment montre que la BD en ligne est une bouffée d’air pour des auteurs dont le public traditionnel s’est marginalisé, dans un marché physique qui s‘essouffle.


Les financements originaux pour soutenir les créations indépendantes

Le cas de http://www.bd-en-ligne.fr/stories est particulièrement intéressant. Il s’agit d’un portail de blog BD, de BD numériques expérimentales ou enrichies et interactives, expérimentant des modèles novateurs de financement par la publicité – en passant par un hébergement sur YOUTUBE [5]. Autre modèle émergent, celui du crowdfunding appliqué à la production de planches. SANDWAVE par exemple, maison d’édition belge de bandes dessinées, permet le financement d’albums grâce à la participation des internautes, que la plateforme rebaptise des « édinautes » à partir d’un investissement de 10€ ou plus. Ce modèle permet aux édinautes, si l’album est suffisamment préfinancé pour être publié (en version papier et numérique), de gagner 60% des bénéfices issus des ventes, y compris des produits dérivés. Le caractère communautaire s’inscrit jusque dans la promotion des albums puisque chaque édinaute reçoit un Kit « Buzz » pour promouvoir dans son entourage l’album qu’il a financé et dans lequel son nom apparaît.

Si le secteur français est encore à la recherche de ses modèles économiques et de ses publics, le Japon reste le maître incontesté. En Asie, le marché se porte très bien [3]. Les lecteurs coréens et japonais notamment comptent parmi les plus assidus pour les manhwas (coréen) et les mangas (japonais) numériques. La BD Coréenne revit depuis une vingtaine années et ce nouveau souffle se traduit par un report des lectures sur les multiples écrans mobilisés quotidiennement (smartphone, consoles de jeux…).  Quant au Japon, le marché du Manga est puissant. Il constituerait 80% du marché de l’édition numérique nippone (qui pèse, selon le manager de Bitway, plus gros vendeur de mangas numériques au japon avec 39 000 titres de plus de 300 éditeurs, près de 600 millions d’euros en 2010). « Les téléchargements de mangas représenteraient plus de 80 % de ce marché, pour environ 55 milliards de yens (toujours en 2010) soit 487,5 millions d'euros. », marché qui devrait être de nouveau poussé par les ventes de versions pour les terminaux mobiles, et notamment les rééditions de titres en qualité « tablette ». [4]

 

Références et bibliographie

[1] Source : Le monde, 23 février 2008 « Des dessinateurs de BD délaissent la planche pour la Toile ».
[2] Cette entreprise française est spécialisée dans l’édition de logiciels et de solutions pour la publication numérique de documents enrichis et interactifs sur smartphone, tablettes électroniques et web. Elle est également une plateforme de vente et de distribution de Bande dessinée en ligne, sur tablettes et smartphone à travers de la marque Ave!Comics.
[3] Au Japon en 2009, le chiffre d'affaires pour les mangas numériques atteint est d’environ 200 millions d'euros.
[4] En général les éditeurs proposent au téléchargement des fichiers de la taille d'un chapitre ou de la moitié de celui-ci. Les prix varient de 10 (0,08 €) à 100 yens (0,80 €) par fichiers mais se situent en moyennent autour de 40 yens (0,35 €). En général acheter un titre en entier au format numérique coûte sensiblement le même prix que de l'acheter sous forme de Tankobon (volume relié), voire un peu plus cher. Cela dit avec l'arrivée des nouveaux appareils de lecture les éditeurs envisagent de revoir le prix d'un exemplaire numérique à la baisse par rapport aux Tankobon. (Source : inteview de Masaaki Shimizu, le manager général de la stratégie d'affaires internationales de Bitway, pour ActuaLitté, paru le 5 mars 2011)
[5] L’exemple le plus parlant est celui de la BD ANARCHY. Il s’agit d’une BD collaborative, pilotée par Aspen Comics. Les personnages et scenarios évoluent en fonction des interventions et suggestions des lecteurs via leur compte Facebook, Twitter ou Youtube. La BD elle-même est lisible sur Youtube, sur une page habillée par la marque AXE (http://www.youtube.com/axe). Les lecteurs-contributeurs les plus actifs se retrouvent intégrés au sein même de la BD, sous la forme de « guest » dans un ou plusieurs chapitres.

ANDERSON C (2009) FREE ! Paris, Pearson Education France.
EVANS, GAUDET, La lecture de bandes dessinées, Culture Etudes, Février 2012. Disponible en ligne :
http://www.culturecommunication.gouv.fr/content/download/25390/212951/file/CE-2012-2-site.pdf
GABSZEWICZ J & SONNAC N. (2010), L’industrie des médias à l’ère numérique, Paris, Repères-La Découverte.
ACBD : http://www.acbd.fr/
Le comptoir de la BD : http://lecomptoirdelabd.blog.lemonde.fr
http://lecomptoirdelabd.blog.lemonde.fr/2012/03/30/quand-les-auteurs-font-eux-memes-leur-promotion/
ActuaLitté : http://www.actualitte.com/actualite/bd-manga-comics/univers-bd.htm

Crédit photo : Simon Potter / Cultura Creative / MASTERFILE

Commentaires

Portrait de Mr Petch

Bonjour,

Votre article ayant un peu fait le tour des créateurs, amateurs et commentateurs de la bande dessinée numérique, mais aucun d'entre eux n'ayant répondu directement, je me permets de donner mon avis sur un article certes synthétique, mais néanmoins incomplet. Du coup, comme je publie des articles sur la bd numérique sur mon blog Phylacterium depuis 2 ans et que je suis tout cela avec attention, je vais tâcher de compléter un peu tout ça, qu'Hadopi n'ait pas une image faussée de la bd numérique.

Ce qui me dérange le plus dans l'article est son manque de nuance, et sa façon d'opposer un modèle de bd numérique gratuit et autopublié à un modèle de bd numérique "numérisée" avec éditeur. Certes, le dernier paragraphe vient un peu nuancer tout cela. Mais la situation que vous décrivez aurait été presque valable en 2009. Elle n'est plus en 2012 et traduit un manque de connaissance de l'offre en matière de bd numérique, ou du moins une vision extrêmement simpliste, voire dangereuse.

Je serais curieux de savoir où vous avez trouvé la distinction "bd en ligne" et "bd numérique". En soi, elle n'est pas complètement fausse dans sa première proposition, ou "bd en ligne" serait en effet la bande dessinée autopubliée sur Internet, dont la manifestation la plus connue est les blogs bd (mais vous gagneriez à aller voir autre chose que les blogs bd), et pour l'essentiel gratuite dans son accès. Soit. Si vous fouillez un peu vous verrez que ce modèle n'a rien de gratuit : les auteurs de blogs bd (pour prendre l'exemple le plus connu) se rémunèrent à l'aide de produits dérivés (albums, pin's...), ou de la publicité présente sur leur site, plus nombreuses que vous ne semblez le penser. Ce n'est pas "non monétaire", même si j'apprécie la prudence de ce terme. Sur ce point, il s'agit juste d'une imprécision. Mais identifier "bd numérique" et "bd numérisée", et surtout l'opposer à "bd en ligne" est selon moi une erreur pour deux raisons, l'une concrète et l'autre idéologique.

La raison concrète est qu'un certain nombre d'oeuvres ne rentrent pas dans les cases, ou alors constituent des exceptions, ce qui met à mal la distinction. On compte beaucoup d'oeuvres payantes qui ne sont pas des bd numérisées : Les Autres gens de Thomas Cadène, les nombreuses bd pour smartphones, les applications d'Emedion, 3 secondes de Marc-Antoine Mathieu. On compte beaucoup d'oeuvres gratuites qui ne sont pas autopubliées mais font quand même l'objet d'une édition au sens d'une sélection : sur Delitoon, sur Espritbd, sur feux Foolstrip et Manolosanctis. Cela fait un sacré nombre d'exceptions.

La raison idéologique est que je défends, avec d'autres réunis au sein de l'association Pilmix, une vision de la bd numérique où la "bd numérisée" n'est pas la bd numérique mais une simple copie numérique, même pas un produit dérivé comme peuvent l'être des adaptations cinématographiques. Ce n'est pas une oeuvre originale mais un produit commercial qui a certes le droit d'exister mais n'est pas une oeuvre, et n'existe que comme modèle de transition. Or, il y a deux dangers à assimiler bd numérisée et bd numérique :

1. Cela peut pousser à croire que le seul modèle économique de la bd numérique est d'être une copie de la bd papier, entièrement dépendante du marché préexistant. C'est faux, comme l'a prouvé Thomas Cadène avec Les Autres gens et son modèle d'abonnement, comme le prouve Ave!Comics depuis 2009. Heureusement, vous ne dites pas cela. Mais je mets en garde.

2. Cela pousse à oublier que, si la bd est une industrie culturelle, c'est aussi un champ de la création. Or, à ce jour, la création originale est extrêmement foisonnante dans ce que vous appelez la "bd en ligne", et absolument nulle dans ce que vous appelez la "bd numérique". Y compris sur le plan des modèles économiques, mais principalement sur le plan esthétique. Voyez, récemment, le Turbomedia de Balak, que son auteur est parvenu à exporter aux Etats-Unis au sein d'une maison d'édition entièrement numérique, ThrillBent. Voyez la richesse interactive des bd de Moon Armstrong et Anthony Rageul. Vous les évacuez d'une seule formule malheureuse : "On trouve également quelques BD enrichies ou interactives.". Mais elles existent depuis plus longtemps que les "bd numérisées" : dès 2004, Fred Boot réalise ses "Nouvelles manga digitales", les webzines @Fluidz et Coconino multiplient les expérimentations narratives, et dès 1996 Hislaire s'intéresse à la bd numérique pendant que Wanadoo tente l'expérience (commerciale !) de John Lecrocheur, malheureusement sans succession directe.

Bon... En conclusion, je pense que tout cela n'est qu'une question de terminologie et d'exemples. Parce que globalement, nous sommes d'accord : la bd numérique française n'a pas un modèle économique viable. Elle en a plein, qui font leurs preuves parallèlement.  1. Evacuez l'idée que la bd numérique = bd numérisée : la bd numérisée est seulement un pan, et de loin le moins intéressant, de la bd numérique. 2. Allez voir au-delà du blog bd, il existe une multiplicité d'oeuvres numériques passionnantes qui font toute la variété de la bd numérique.

Désolé pour la tartine de texte... Bonne continuation dans votre observation de la bd numérique. Je vous conseille la lecture de l'ouvrage de Sébastien naeco La bd numérique : enjeux et perspectives (chez Numeriklivres) qui vous éclairera assurément si vous voulez en savoir plus. Et modestément, je vous suggère d'aller faire un tour dans les archives des blogs de Julien Falgas et sur le mien, Phylacterium.

Portrait de vsonet

 

Bonjour,

Je vous remercie très sincèrement pour votre commentaire. Deux raisons à cela : tout d’abord le fond évidemment, mais aussi la forme argumentée, didactique et courtoise !

Je reconnais les lacunes que vous pointez. J’avoue que le cadre de l’exercice se prête difficilement à une investigation approfondie et à une restitution fouillée. Vous apportez une réelle connaissance supplémentaire à cette courte introduction que j’ai tenté de faire de la BD … appelons-là digitale – et vous donnez envie d’en apprendre bien plus sur ce champ.

Afin d’aller plus loin dans la réaction à votre commentaire, accepteriez-vous d’être interviewé sur ce sujet ? Je serais ravie de pouvoir éclairer le sujet et enrichir cet article à travers un échange avec vous !